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JANVIER / FÉVRIER 2021 18 HISTOIRE Quand M. Samuel Côté raconte son périple avec une équipe de chercheurs, il faut imaginer l’effervescence créée par toute cette exploration maritime! Et après tant de recherches, voir en f in ce Curtiss HS-2L tant recherché fut sans doute une ré- compense bien méritée. Soulignons ici la grande importance de la découverte de cet avion de lutte anti sous-marine et pion- nier de l’aviation de brousse au Canada. C’est sa grande rareté. À ce jour, il s’agirait du seul hydravion à coque Curtiss HS-2L original qui a été retrouvé au complet. Car sur 1091 hydra- vions construits, un seul autre, surnommé « La Vigilance », a été récupéré en 1967 du lac Foss (Kapuskasing, Ontario). Pen- dant une tempête, après une fausse manœuvre du pilote pour éviter le rivage, le f lotteur du bout de l’aile gauche est entré en contact avec l’eau. Malgré tout, les deux membres d’équipage s’en sortent indemnes. Les restes de l’hydravion HS-2L (G-CAAC), dont la coque et plusieurs pièces, ont été con f iés pour restauration au Musée de l’espace et de l’aviation, Ot- tawa, où il est maintenant exposé. La découverte inespérée de l’hydravion HS-2L (G-CACS), c’est encore l’une de ces belles histoires d’explorations maritimes de notre époque. Elle se poursuit ici avec une brève entrevue qu’a aimablement accordée M. Samuel Côté au magazine Avia- tion. Généreux, l’homme a bien voulu partager encore, l’espace d’un temps, sa formidable et exceptionnelle découverte. Magazine Aviation : Bonjour M. Samuel Côté! Tout d’abord, comment vous est venu ce goût pour l’explora tion maritime? M. Samuel Côté : La passion pour l’histoire maritime com- mence tôt chez moi. C’est comme si j’étais né les pieds dans l’eau! Je suis natif de Price, dans le Bas-Saint-Laurent. Je pas- sais de nombreux étés en bordure du f leuve Saint-Laurent au chalet familial, à Grand-Métis. C’est en apprenant que le navire marchand Carolus a été torpillé par le sous-marin allemand U-69 en 1942, en face du chalet familial, que ma fascination pour les épaves a commencé. Plus tard dans mon parcours, mon chemin de vie m’amènera toujours vers l’exploration ma- ritime. Et passion oblige, cela dure depuis et m’a sans doute rendu jusqu’à l’inespérée découverte de l’hydravion HS-2L, épave oubliée au fond de l’eau et peut-être bien aussi au fond des mémoires. M.A. : Comment est arrivée cette découverte de l’épave du HS 2L? Par hasard ou par recherche spéci f ique? M.S.C. : Il y a quelques mois, M. Érik Phaneuf, archéologue, m’a informé de la présence possible d’un hydravion dans un lac situé sur la Côte-Nord. Son ami, M. Jean-Paul Le Guilcher, plon- geur et passionné d’aviation, a toujours été fasciné par cette histoire et rêvait de repérer l’appareil. J’ai décidé de l’aider dans sa quête. J’ai réussi à mettre la main sur les témoignages des quatre survivants permettant à notre équipe de localiser le lac où s’est produit l’accident. La tradition orale des pilotes de brousse de ce coin de pays con f irma qu’il s’agissait bien du lac à l’Eau Dorée, situé à plus de 50 km, au nord de Sept-Îles. C’est dans le cadre du tournage de la série « Mystères des lacs (Unis TV) » que nous avons découvert l’épave du HS-2L repo- sant à 18 m (60 pi) de profondeur. Les recherches archéolo- giques se sont déroulées sous la supervision d’un archéologue, conformément à la Loi sur le patrimoine culturel. M.A. : En exploration marine, est ce la première fois que vous découvrez un si vieil avion? M.S.C. : En fait, c’est la première fois que je participe à la dé- couverte d’une épave d’avion. C’est très stimulant! M.A. : Quel est l’avenir prévisible pour ce HS 2L, enfoui de puis si longtemps? M.S.C. : Je ne sais pas. Des organismes et des musées seront probablement tentés de vouloir ren f louer l’épave. Je verrais très mal une équipe se rendre là pour envisager de la ren- f louer. De toute façon, je pense que c’est mieux que l’épave reste au fond de l’eau parce qu’en entreprenant des démarches pour la remonter à la surface, elle va peut-être s’abîmer. M.A. : Lors de vos recherches futures, pensez vous trouver d’autres épaves d’avions anciens? M.S.C. : Oui, un avion datant de la Deuxième Guerre mondiale, mais vous allez devoir attendre avant d’en savoir plus! M.A. : Merci, M. Samuel Côté! La découverte de l’épave du HS-2L (G-CACS), c’est aussi un moment fort dans la carrière de M. Samuel Côté. Il serait l’un des rares chasseurs d’épaves au Canada pouvant vivre de ce travail. Au f il de ses découvertes, il est devenu une référence en la matière. Il collabore à divers projets télévisuels. De 2006 à 2016, il participe à l’identi f ication de nombreuses épaves au Québec. Depuis 2014, il est idéateur, recherchiste, co-scéna- riste, consultant et auteur de nombreux ouvrages. Il est ani- mateur de séries sur des thèmes maritimes tels « Les sombres secrets du Saint-Laurent (Historia) », « Chasseurs d’épaves », gagnant d’un prix Gémeaux et « Mystères des lacs (Unis TV) » où il raconte notamment la découverte, près de Sept-Îles, du HS-2L disparu depuis 94 ans au fond d’un lac. Modèles d’initiatives et de persévérance, M. Samuel Côté et son équipe nous invitent sans doute à les suivre vers d’autres horizons maritimes futurs aussi réussis que celui de la décou- verte de l’hydravion à coque Curtiss HS-2L. Q Après la plongée, Samuel Côté et son équipe regardent les images prises au fond de l’eau.
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