V25N1

L’unique histoire d’un HS 2L disparu… Parti de Sept-Îles avec à son bord un pilote, un mécanicien et deux arpenteurs chargés d’établir la ligne de démarcation entre le Québec et le Labrador, le Curtiss HS-2L, immatriculé G-CACS de la Dominion Aerial Exploration Company, se serait écrasé probablement à cause d’une mauvaise évaluation de l’altitude. Le phénomène est bien connu des pilotes. C’est le réel et néfaste « effet miroir » produit sur une étendue d’eau ré f léchie par le soleil. Malheureusement, ce jour-là, il y eut des conséquences inéluctables. Avec violence, l’hydravion aurait alors percuté le lac. L’équipage s’en est tiré en regagnant la rive à la nage pendant que s’enfonçait inexorablement leur avion au fond du lac. Seul le mécanicien a souffert de fractures à la jambe. Ils ont construit un abri de fortune, se nourrissant de fruits sauvages, de grenouilles et de lièvres. Six jours plus tard, grâce à la fumée de leur feu de camp, ils seront secourus. Découverte historique… C’est avec un esprit tenace en vue d’exploration que M. Samuel Côté entreprend l’aventure qui commence avec des indications pertinentes, obtenues antérieurement et qui se sont ajoutées à d’autres informations relatives à l‘écrasement de l’hydravion. Ce sera aussi par le fait de témoignages écrits des survivants, tels ceux des quatre hommes rescapés en 1926 ou certaines anecdotes de pilotes de brousse ayant survolé le lieu possible de l’écrasement. Après tous ces indices, de nombreuses lec- tures sur le sujet et des déductions inchoatives, M. Samuel Côté compose alors une équipe de recherches. Et voilà l’équipe rendue au lac à l’Eau Dorée, situé à 50 km au nord de Sept-Îles, sans accès facile, lieu accessible seulement par avion. Finalement, avec l’utilisation d’un sonar à balayage latéral, l’équipe localise l’avion et délimite un périmètre sen- sible de recherches. Notons que, ce jour-là, sur place, se trou- vaient M. Mathieu Chouinard, plongeur, M. Érik Phaneuf, archéologue subaquatique et M. Mario Cyr, caméraman sous- marin. Soudain, devant eux, l’épave du HS-2L, bien préservée par l’ab- sence d’organismes vivants propres aux lacs d’eaux douces, s’y trouvait. Selon les plongeurs présents, le nez de l’appareil, au fond de l’eau, est enfoncé dans la vase et le fuselage est planté à la verticale, droit comme un « i ». Ils ont été sans doute surpris de la forme de l’hydravion dont la structure faite de bois rappelle celle d’une coque de navire. Mais quelle impo- sante vision ce dut être de voir sur sa longueur de 12 m (39 pi) l’envergure de l’aile de 22,5 m (74 pi) du HS-2L! Et voir l’hélice, les ailes, un f lotteur de bout d’aile… M. Érik Phaneuf, archéologue subaquatique, a lui aussi plongé autour de l’épave. Il a vu de près le cockpit du HS-2L et même quelques objets personnels laissés par les survivants du 16-07-1926. À partir des images sous-marines de M. Mario Cyr, l’immatricu- lation du HS-2L (G-CACS), encore visible sur le fuselage, a pu être véri f iée. JANVIER / FÉVRIER 2021 17 HISTOIRE L’un des ailerons de l’épave de l’hydravion Curtiss HS-2L G-CACS. Partie de la queue de l’appareil. Plusieurs photos ont été prises pour bien identifier l’appareil et nous avons effectué un montage de chacune des lettres de l’immatriculation.

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