V24N6
NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2020 8 ÉVÉNEMENT pour les roues-libres commence à décliner, l’industriel alle- mand focalise désormais sur la production de moteurs. 1938 1945 : sous le régime nazi – Producteur d’armement durant la Seconde Guerre mondiale, Fichtel & Sachs intègre peu Rotax à l’effort de guerre. Avec l’intensi f ication des bom- bardements alliés, dès 1943, l’industriel se décentralise à Wels, petite localité voisine. Insigni f iant sous l’étiquette de f a bricant de moyeux de vélos , F & S dissimule alors sa véritable fonction. Durant cette période trouble, Rotax produit néan- moins quelque 1500 moteurs destinés à l’agriculture et à l’in- dustrie. Au sortir du con f lit, les activités civiles reprennent naturellement. 1945 1958 : de la nationalisation au retour de la privati sation – L’après-guerre se caractérise par la volonté de tout reconstruire, de reprivatiser et de se tourner résolument vers le futur. L’acquisition, en 1947, du site de Gunskirchen (Au- triche) constitue une nouvelle étape. On y fabrique des cyclo- moteurs, des motos et des scooters très prisés. Ce trait d’union entre le moyeu de roue initial et la démocratisation du deux- roues motorisé semble fort signi f icatif. Autre événement mar- quant : une première femme est engagée par la compagnie en 1955. 1959 1969 : la multiplicité des types de moteurs – Au-delà de la production de mécaniques de scooters et de motocy- clettes, la motorisation des luxueux véhicules Lohner conforte la réputation de Rotax. Devenue un fournisseur indispensable, l’entreprise aux capitaux allemands est bientôt rachetée par le constructeur automobile viennois. Parallèlement, un autre joueur se pro f ile à l’horizon : Joseph-Armand Bombardier. Le Québécois équipe sa gamme Ski-Doo de Rotax. L’implication de ce client important, dès 1961, marque – sans que le sachent encore les protagonistes respectifs – un tournant dans l’his- toire du label 1970 1990 : à la conquête de nouveaux territoires – Après d’intenses négociations, Lohner vend Rotax à Bombardier en 1970. Déjà, à l’époque, le motoriste (rebaptisé Bombardier- Rotax GmbH) exporte 90 % de sa production –, et ce, dans 18 pays. Sous l’égide du président-directeur général du mo- ment – le polyglotte et technophile Karl Pötzlberger – la so- ciété à responsabilité limitée évolue encore. Après la sortie d’un premier moteur d’avion (Rotax 642, certi f ié en 1975) et l’avènement des 502 et 505 (dérivés du moteur de motoneige 503 en 1978), le développement du 912 débute en 1984. Une révolution technologique ! Cinq ans plus tard, le 912A est cer- ti f ié. 1990 2002 : exportateur et employeur majeur – Chez Rotax, on considère chaque membre du personnel comme un employé à part entière et non comme une machine à produire. Cette implication paye, car la compagnie se surpasse : pre- mière devant la concurrence japonaise, contrôle qualité, pre- mières imprimantes 3D, etc. En 1994, Rotax obtient la certi f ication de type du 912F ; puis en 1998, c’est le tour du 912S . 2003 2011 : challenges économiques et inauguration du RIC – En 2003, Rotax intègre Bombardier Recreational Products ou BRP. Le site de Gunskirchen devient alors BRP- Rotax GmbH & CO KG. Durant cette première décade du 21 e siècle, la clientèle découvre le Can-Am Spyder – un engin mi- moto, mi-roadster. C’est également la création du Regional In novation Center , un concept éducationnel et technologique inédit. En 2005, la gamme 912/914 satisfait à la norme Light Sport Aircra f t (ASTM). Et le 582 suit, un an plus tard. 2012 2020 : résolument tourné vers le futur – L’édi f ication de Business Units ainsi que la mise en place de chaînes de pro- duction supplémentaires démontrent l’essor permanent de BRP-Rotax. À l’international, de nouvelles structures ouvrent. En 2018, le neuf millionième moteur sort des chaînes de pro- duction. « Sûrement pas le dernier ! » clame la direction. Cette décennie voit aussi le lancement du 912iS et du 912iS Sport. Sans oublier le sensationnel 915iS ! Entretien téléphonique avec Jean François Lambert Originaire des Cantons-de-l’Est, le directeur général de BRP- Rotax – Membre du conseil d’administration / Vice-président R & D motopropulseurs – est en poste à Gunskirchen depuis trois ans. Sa conjointe et leurs deux enfants l’ont accompagné. Une expatriation quali f iée de réussie, tant d’un point de vue Rotax 642, certifié en 1975. Rotax 912 S/ULS
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=