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MAGAZINE AIR V36N5 51 Nomination La mobilisation de tous les intervenants du transport aérien régional est une excellente chose en soi. Il existe au Québec quelques bons opérateurs qui sont en mesure de prendre le relais e f ficacement afin d’assurer la pérennité du transport ré- gional. Ils sont en mesure de f aire des propositions qui tien- nent compte de la réalité québécoise. À mon avis, les opérateurs existants et avec expérience devraient être privi- légiés. Pour que la solution mise en place connaisse le succès, il n’est pas nécessaire de réinventer la roue. Québec n’a qu’à tenir un processus rigoureux et transparent avec des balises financières clairement établies et qui sont les mêmes pour tous. Bienvenue aux deux nouveaux membres du conseil d'administration de l'AQTA depuis mars 2020, M. Michel Séguin en tant que directeur hélico et M. Marc Grenier en tant qu'observateur et conseiller spécial au PDG. Un check-list, deux mains sur une manette, un gruyère ou d’où me vient mon amour de la médecine aéronautique et quelques avancées médicales dues à l’aéronautique Par Marie Charlotte Koenig, clinique médicale Azimuth LA COLLABORATION, ESSENTIELLE Mille neu f cent quatre-vingt-treize, époque déjà lointaine où nous étions à définir ce que sont les salles d’urgence actuelles. Je suis médecin d’urgence, une passion, depuis déjà deux ans. DirectionWaskaganish, ma première aventure en tant que mé- decin dépanneur. Je m’évade quelques jours de la salle d’ur- gence où je travaille depuis 1991. On a bien essayé de me dissuader… « As-tu vu la grosseur de l’avion? S’il s’écrasait, on ne vous retrouverait pas! », etc. Mais… je suis prête, j’ai quelques vivres (quelques livres de riz…), un couteau de sur- vie, de quoi allumer du f eu, de bons bas de rechange pour mes bottes de marche, une boussole, un sac de couchage, un imper et beaucoup d’huile à mouche. L’avion est tout petit, avec des banquettes rétractables, comme celles des hydravions que j’emprunte f réquemment lors d’ex- péditions de canot, un Twin Otter sans doute. Nous sommes trois passagers, dont une amie et consœur, mé- decin à Val-d’Or, qui déteste voler à bord de petits avions. Un beau jeune homme s’accroupit devant nous pour nous don- ner les consignes de départ. « Bla, bla, bla, cellules orageuses, le vol sera peut-être turbulent, ça va bien aller… bla, bla, bla. » Puis il se rassied aux commandes et nous n’existons plus. Le ping-pong du check-list entre pilote et copilote me captive immédiatement. Pourquoi dans mon milieu qu’est l’urgence, ne f onctionnons-nous pas davantage par check-lists? Voilà qui me confirme sans l’ombre d’un doute de l’importance de cet élément pour prévenir les erreurs et détecter les problèmes précocement; ça peut sauver des vies! J’étais loin d’avoir com- pris à quel point! Puis le décollage, souvenir immortel, révélation… le geste ma- chinal des mains du pilote et du copilote superposées sur une seule manette, image de l’essentielle collaboration, celle de mains étrangères mais complices qui joignent leurs e ff orts, à un moment précis, pour atteindre leur but commun : l’envol. Pour qui se le demanderait, ces réflexions admiratives f urent f aites à jeun et avec su f fisamment d’oxygène. Ce f ut le second pire vol de ma vie. Pluie de cordes, ratés de moteur, éclairs, les ailes à la verticale, d’un côté, de l’autre…

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