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MAGAZINE AIR V36N5 50 Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, nos salutations distinguées. Jean-Marc Du f our PDG – AQTA Comment la COVID-19 modifie l’industrie québécoise du transport aérien Chronique d’André Allard Il f aut reconnaître que les temps sont durs pour les opéra- teurs; la COVID-19 a chambardé notre société et notre mode de vie. Les secteurs du tourisme et du transport aérien sont particulièrement a ff ectés et continueront de l’être pour au moins les 12 prochains mois. Il est évident qu’il y aura moins de joueurs à la fin de cette crise. Mais pour les entreprises qui vont survivre, voici les impacts positi f s de la COVID19. La pénurie de main d’œuvre Pour l’industrie québécoise du transport aérien, la pénurie de main-d’œuvre a été le sujet marquant des deux dernières an- nées. Puis en l’espace de quelques semaines, nous avons as- sisté à un revirement de situation. Les C.V. se sont mis à entrer dans les boîtes de courriel des directeurs des opérations et des che f s pilotes. Air Canada prévoit qu’une f ois la pandémie sous contrôle, il lui f audra 36 mois pour un retour à la normale. Et encore, rien ne garantit que la compagnie revienne à sa taille d’avant la COVID. Cela implique que les pilotes mis à pied seront dispo- nibles pour encore deux à trois ans. De plus, durant cette pé- riode, les nouveaux pilotes continueront d’arriver sur le marché. Le poste d’instructeur de vol va redevenir très popu- laire durant quelques années encore. Pour les cinq prochaines années, les opérateurs 703 et les transporteurs régionaux 705 pourront compter sur une main- d’œuvre disponible en grand nombre. Il devient alors plus f a- cile d’établir un plan d’expansion à moyen et long terme. C’est également le temps de préparer le plan pour le moment où la pénurie reviendra, car tôt ou tard elle reviendra. L’impact sur les opérations Le gros avantage pour les entreprises qui reçoivent des C. V. en ce moment, c’est qu’elles ont déjà évalué une bonne partie des individus; à court terme, les opérateurs vont pouvoir évi- ter les f ameux caractériels. Dans les conclusions de son rapport d’enquête sur la sécurité des activités de taxi aérien au Canada (#A15H0001), le BST mentionne ce qui suit : « Beaucoup de nouveaux pilotes arrivent dans ce milieu com plexe, diversifié et exigeant en devant s'accommoder d'avions plus âgés; de moins de f ormation, d'orientation et de mentorat; de politiques moins rigoureuses; de peu ou pas de procédures d'utilisation normalisées; de règlements moins stricts; et possi blement de moins de surveillance –, et ce, dans le plus hasardeux des secteurs de l'aviation commerciale. » Pour le directeur de la recherche et développement du CQFA, M. Jean LaRoche, il est évident que les pilotes qui ont travaillé dans les grandes organisations aériennes ont acquis une ri- gueur qu’ils pourront transmettre à leur nouvel employeur. M. Laroche explique que la rigueur se retrouve dans la plupart des grandes entreprises, peu importe le secteur d’activité. Il s’attend donc à ce que la rigueur des SOP très structurés des grands opérateurs vienne bonifier les opérations 703. Bien entendu, on n’opère pas un taxi aérien comme une ligne aérienne qui compte des centaines d’appareils. Mais en choi- sissant les bons individus, les opérateurs seront en mesure de tirer parti de cette expérience. Le réveil brutal Le 30 juin dernier, Air Canada a annoncé qu’elle suspendait 11 routes régionales au Québec. Si plusieurs ont été surpris par cette annonce, à mon avis elle était prévisible. À la fin des années 80, le gouvernement de Brian Mulroney a privatisé Air Canada, son objecti f étant de ne plus avoir à la soutenir finan- cièrement. Elle doit maintenant prendre tous les moyens afin d’assurer sa rentabilité et sa survie. Cette privatisation a donc retiré à Air Canada son mandat de transporteur national ainsi que l’obligation de maintenir les routes régionales s’y ratta- chant. De plus, le gouvernement canadien re f use de mettre en place un programme d’aide spécifique afin de soutenir le transport aérien dans son ensemble. Dans ces circonstances, il devenait évident que les routes régionales déficitaires se- raient les premières à être coupées. Actualités
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