MAGAZINE AIR V34N3
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Enjeux
Par ANDRÉ ALLARD
L’Association québécoise du transport aérien voit d’un bon
œil le dernier budget provincial...
Le dernier budget prévoit donc
une somme de 100 M$ à cette
fin : la réfection des pistes d’at-
terrissage, de l’éclairage ainsi
que l’acquisition d’équipe-
ments électroniques (ex. : les
stations de météo automati-
sées) seront admissibles, tout
comme les bâtiments. Puisque
les frais aéroportuaires et au-
tres taxes représentent une partie importante du prix du
billet, il faudrait prévoir une disposition pour que les frais
d’amélioration aéroportuaires n’augmentent pas, allant
plutôt vers une diminution suite aux améliorations effec-
tuées en vertu de ce programme d’aide. Sinon, les efforts
du gouvernement pour améliorer l'accessibilité aux
régions seraient diminués.
La deuxième mesure que Québec avait annoncée est la
mise en place d’un programme d’aide pour la desserte aé-
rienne régionale. Pour Québec, l’objectif est d’améliorer
les services offerts par les transporteurs déjà présents et
d’encourager la venue de nouveaux acteurs. La somme al-
louée dans le dernier budget est de 22,5 M$. Il s'agit aussi
d'une recommandation de l'AQTA. Il faudra maintenant
voir comment cette mesure serait articulée, mais l’AQTA
estime que la prudence est de mise, car l’offre actuelle des
transporteurs est jugée suffisante et l’arrivée d’un nou-
veau joueur dans un marché, déjà restreint, ne serait pas
nécessairement souhaitable. Québec doit mettre en place
des moyens qui soutiennent de manière équitable les
transporteurs aériens réguliers.
La troisième mesure annoncée est la simplification et la
bonification du programme de réduction des tarifs aé-
riens, qui est déjà en place. Québec y consacrera la somme
de 40 M$ pour y arriver. Les destinations admissibles cou-
vriront une grande partie du territoire régional et le mon-
tant admissible serait de 30 %
du prix du billet, avec un maxi-
mum de 500 $. Pour certaines
régions encore plus éloignées,
le programme sera d’autant
plus généreux. L’AQTA avait re-
commandé de bonifier ce pro-
gramme; elle est satisfaite de
cette mesure, puisque l’ancien
programme, avec un budget
d’environ 1 M$, était trop restrictif et souvent sous-utilisé.
Le fait d’être maintenant accessible à toutes les régions
éloignées et bonifié, tant dans le pourcentage de rem-
boursement admissible que pour les plafonds de rem-
boursement, devrait favoriser l’utilisation du transport
aérien. Une campagne publicitaire sera nécessaire pour
faire connaître le programme.
Le budget provincial met également de l’avant le pro-
gramme « Découvrons le Québec » avec une enveloppe
budgétaire de 10 M$ qui sera consacrée à promouvoir et
à rendre plus accessibles plusieurs destinations vacances
éloignées : une façon d’inciter les Québécois à visiter leur
Québec... Il s’agit là encore d’une mesure favorisant l’uti-
lisation du transport aérien et l’AQTA ne peut que s’en
réjouir.
Si ces quatre mesures, totalisant 173 M$, représentent un
engagement solide en faveur du développement du trans-
port aérien régional, il faut se rappeler que le diable est
dans les détails et qu’il faudra voir comment lesdites me-
sures seront appliquées. Pour l’AQTA et ses membres, il
faudra suivre de très près les démarches et travaux des
différents ministères responsables de la mise en œuvre.
La création du comité de travail national et les comités
régionaux constituent une occasion pour l’AQTA et les dif-
férents intervenants dans le transport aérien régional de
continuer le dialogue avec Québec.
La première mesure que Québec avait annoncée lors du Sommet sur le transport aérien régional a été la mise en place d’un nouveau
programme d’aide pour les infrastructures aéroportuaires régionales. Il s’agit d’ailleurs d’une des recommandations que l’AQTA
avait proposées. Les municipalités et les MRC - majoritairement propriétaires et gestionnaires des aéroports régionaux - n’ont pas
toujours les ressources financières suffisantes quand vient le temps de mettre à jour leurs infrastructures. Et quand elles le font,
elles se voient souvent dans l’obligation de refiler ces dépenses aux utilisateurs, en haussant le coût des services.




