V30N3

MAI / JUIN 2026 7 Dérivé du biplace Rotorway Exec 162F, cet hélicoptère ultraléger italien se démarque autant par son agencement high-tech que par son turboréacteur. Prise en main intui- tive, pilotage franc et fiabilité démontrée m’ont séduit. À découvrir absolument ! F ondée en 1999 par trois passionnés d’aviation légère, Alpi Aviation est une PME italienne basée à San Quirino. Ce gros village est la proche banlieue de Pordenone – prin- cipale ville du Frioul occidental. Pour situer davantage l’avionneur, disons qu’il se trouve à 1 heure d’autoroute au nord-est de Venise. Cette région – industrieuse plus qu’in- dustrielle – se prête bien à la recherche et au développe- ment. Alpi Aviation compte une cinquantaine d’employés et de cadres. L’ensemble se distribue, à parts quasi égales, entre l’Italie et la Croatie (relativement proche). La société est di- rigée par un ancien pilote de chasse et ex-commandant de la patrouille Frecce Tricolori : Massimo Tammaro. Champion international, certes, mais l’homme se veut aussi un expert en stratégies et en gestion d’entreprise. Sous son égide, Alpi Aviation rayonne sur les cinq continents. Parallèlement, Silvia Rappo gère le secteur marketing et commercialisation. Pilote de surcroît – avions (notamment de voltige) et héli- coptères – elle est la voix de la compagnie, en italien, en an- glais et même plutôt bien en français. Quant à son mari, Corrado Rusalen, c’est à lui que l’on doit en grande partie la gamme étendue des machines passées et actuel les. Investisseur, pilote et instructeur, voilures fixes + tournantes, cet actif inventeur manie également les drones militaires fa- briqués in situ. Natif de la contrée, il s’exprime couramment en français comme en anglais. Et bien sûr, dans la langue de Dante ! Mais ici se parle en outre un dialecte. Et de cet idiome dérive le nom du biplace que je viens essayer : Syton ou lit- téralement siton , soit libellule. Un bien joli nom pour ce gra- cieux mini hélico. De Rotorway à Alpi Aviation Les exemples de reprises, de fusions, de transformations et d’évolutions ne manquent pas dans le domaine aéronau- tique. Et pour n’en citer que quelques précédents : Piper Super Cub métamorphosé en Top Cub par CubCrafters (suc- cès) ; Bell 47 partiellement ressuscité sous la forme du Safari par le constructeur éponyme (résultat mitigé) ; bimoteur Gulfstream American GA-7 Cougar devenu TB-360 Tangara, by SOCATA (projet avorté) ; Bombardier CSeries naturalisé en A220, sous la nomination d’Airbus (réussite). Mais reve- nons au Syton, préalablement nommé Raven ES-101 ! Il s’agit bel et bien d’une turbo-motorisation réussie du Rotorway Exec 162F, réalisée puis commercialisée par AvioTecnica (Italie). Puis en 2008, Alpi Aviation – avionneur italien à qui l’on doit la gamme étendue des aéronefs légers Pioneer, ba- siquement manufacturés en Croatie, et tout bientôt d’une va- riante bimoteur – reprend le flambeau. Les améliorations techniques se poursuivent tandis que la motorisation de- meure la même. : un APU ou Auxiliary Power Unit (groupe auxiliaire de puissance) Solar T-62T-32. Suffisamment puis- sante et réputée fiable, cette mini turbine s’adapte facile- ment sur le châssis du bipale. Toutefois, on n’évoque pas une motorisation neuve : celles installées sont des unités recon- ditionnées. Et par voie de conséquence, il y a vite pénurie. Du coup, en 2017, Alpi Aviation doit temporairement cesser la production du Syton. La situation perdure jusqu’à ce que les turbines reviennent au compte-gouttes. Et ce, jusqu’à présent. À ce jour, seulement une trentaine de spécimens ont ESSAI EN VOL Texte et photos : Richard Saint-George Alpi Avi a tion Syton AH130, mini hélico tr a ns a lpin

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