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Ce que nous avons tous en commun – élèves, membres et employés – c’est l’amour de voler. Ce qui distingue les employés de ceux qui participent comme clients ou membres, ce n’est pas une passion plus grande, mais d’avoir fait le choix d’aller plus loin. Nous avons choisi de transfor- mer cette passion en travail. Nous avons choisi d’y consacrer notre temps, notre énergie et une part importante de notre vie profes- sionnelle. Pour beaucoup d’entre nous (je parle surtout en tant qu’instruc- trice de vol), ce travail est avant tout une oeuvre de passion. Ce n’est pas un travail qui rend riche. Bien souvent, il permet à peine de joindre les deux bouts. Et pourtant, nous sommes présents – avec rigueur, professionnalisme et le sourire. Nous offrons le meil- leur de nous-mêmes afin que d’autres puissent apprendre, pro- gresser et s’épanouir dans cette passion commune pour l’aviation. Cette passion devrait être mieux rémunérée pour que, même pas- sionné, il soit possible de gagner sa vie et vivre honorablement. La formation au pilotage n’est pas l’oeuvre d’un seul rôle. C’est un effort collectif. Les instructeurs de vol portant la responsabilité de transmettre des compétences, du jugement, de la discipline et une prise de décision sécuritaire – souvent sous pression. Les répartiteurs assurent la disponibilité des aéronefs, la documentation, la planification et la fluidité des opérations quotidiennes. Les préposés à la rampe contribuent directement à la sécurité par la gestion des aéronefs au sol et la vigilance opérationnelle. Le personnel administratif as- sure la continuité de l’organisation – conformité, finances, commu- nications et stabilité. Les chefs instructeurs et instructeurs superviseurs ont la responsabilité de l’encadrement, du mentorat, de la standardisation et de la culture de sécurité. Chaque rôle compte. Chaque rôle contribue à la sécurité. Chaque rôle mérite le respect. L’instruction en vol ne se limite pas à enseigner des manoeuvres. Elle repose sur la responsabilité, le jugement, le mentorat et la sé- curité. Elle exige une présence humaine, une intégrité profession- nelle et un profond respect pour les personnes assises dans les différents sièges qui composent l’aviation – au sol comme en vol. Derrière chaque leçon, chaque réservation, chaque premier solo ou licence obtenue, il y a une équipe. Il y a de la préparation non ré- munérée, du stress porté en silence, une grande responsabilité pro- fessionnelle et une vigilance constante en matière de sécurité. Ce que je décris ici n’est pas propre à une seule école de pilotage. Des réalités semblables existent dans de nombreux organismes de formation. La vérité est simple : la manière dont les em loyés – en particulièrement ceux responsables de la formation et des opérations – sont valorisés doit changer. Lorsque les employés se sentent ignorés, peu soutenus, remplaça- bles et bafoués, cela affecte bien plus que le moral. Cela touche la rétention, la continuité de la formation, la qualité des décisions et, ultimement, la sécurité. Comme Stephen Covey a si bien dit : « When trust goes down, speed goes down and costs go up. » Lorsque les employés sont respectés, traités équitablement et re- connus comme des professionnels, la qualité de l’instruction s’amé- liore – et la culture de sécurité aussi. Des millions de personnes sont prêtes à acheter du café équitable. Une large campagne publicitaire nous a ciblés il y a quelques an- nées pour nous vanter les mérites. Le salaire minimum est une loi canadienne. Pourtant, nous acceptons que des individus haute- ment éduqués avec des responsabilités critiques soient sous rému- nérés. Certains devant travailler 7 jours sur 7, ou avoir un deuxième emploi pour payer le minimum des nécessités de la vie. Cette lettre n’est pas écrite par colère. Elle est écrite par soucis – et par sens des responsabilités. Par souci pour un milieu qui compte profondément pour moi. Par souci pour une profession qui porte une immense responsabi- l P it a é r . souci pour l’avenir de la formation au pilotage. Il s’agit donc d’un appel à l’action – simple, mais nécessaire. Si ce message vous interpelle, partagez-le. Discutez avec d’autres élèves, instructeurs, employés ou amis du milieu de l’aviation. Utilisez votre voix, votre position ou votre influence – aussi mo- deste soit-elle – pour encourager un traitement respectueux, pro- fessionnel et équitable de ceux et celles qui consacrent leur vie professionnelle à la formation au pilotage. Partagez vos idées de solution. Partagez votre expérience lorsque vous avez appris à pi- loter, ou si vous évoluez encore dans une école, vos expériences passées et présentes avec des instructeurs de vol. Élevons notre voix pour signi f ier que c’est plus que « juste » un(e) instructeur(trice). C’est un(e) professionnel(elle) qui dédie énergie, temps, ressource à l’écosystème contribuant à la sécurité de tous. Qui contribuent à l’aviation générale. Rester silencieux, même sans le vouloir, revient souvent à accep- t E e t r. accepter permet à des pratiques malsaines de perdurer. Si vous souhaitez partager vos réflexions, expériences ou commen- taires, vous êtes invités à le faire. Vous pouvez laisser un commen- taire public afin d’alimenter la réflexion collective, ou me contacter en privé si vous préférez un échange plus confidentiel. Le dialogue fait partie intégrante de l’évolution des cultures. Nous avons besoin les uns des autres. Be the change you want to see in the world . – Mahatma Gandhi Ne souhaitons-nous pas tous des cieux plus sécuritaires? Une ins- truction de qualité? Et un milieu où nos enfants – la prochaine gé- nération de pilotes – grandiront dans une culture juste, professionnelle et respectueuse? Nous sommes ici par amour de voler. Nous restons parce que nous y croyons. Prenons la parole aujourd’hui parce que ce que notre amour de l’aviation mérite attention – et courage. • Volume 40 Numéro 3 33

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