V30N2

J’ai toujours piloté pour le plaisir et pour apprendre. C’est donc en 1977 que je fais mon solo au-dessus de la belle ville de Saint- Georges en Beauce. Mais en 1995 mon travail est des plus exigeant. Je fais partie de l’équipe de protection du premier ministre du Québec et des di- gnitaires étrangers. En appel 24 heures sur 24. Sept jours sur sept. Je dois me consacrer entièrement à ma carrière et le temps néces- saire pour voler n’existe plus. À l’âge de 43 ans, le cœur gros, j’ef- fectuemon dernier vol sur un Cessna 172 Rg. (C-GGGR). Quel avion superbe ! Après 35 ans à la Sûreté du Québec et six ans et demi dans le do- maine ambulancier (CTAQ), j’entame la retraite en 2013. J’ai une liste de projets pour cette retraite : voyages, travaux ma- nuels, lecture… Mais après quelques années, je dois faire une en- coche (Check) à chaque item. La liste est complétée. Ce que je ne pouvais prévoir est qu’au Québec l’espérance de vie en santé est beaucoup plus longue maintenant. Mon premier Cessna 172, C-GVNH et le 2 e , un Cessna 172 RG, C-GGGR. Un jour mon bon ami Michel me dit de venir faire un tour dans son Cessna 172. Bon, c’est bien uniquement pour le plaisir. Mais allons-y. Sur le tarmac, les avions semblent les mêmes que celles que j’ai laissées il y a 26 ans. Tout comme moi, ils ont pris de l’âge, mais sont toujours là. Sous la supervision d’un commandant de bord expérimenté, j’ai re- pris les commandes. À ma grande surprise, les habilités sont revenues immédiatement. Montée, stabilisation à l’altitude après quelques rectifications. Virage à 45 degrés et vol lent. Absolument surprenant, en fait le premier surpris, c’est moi. Michel me demande : pour quelle raison tu ne reprendrais pas ta licence de pilote ? Mais Michel, j’ai 69 ans ! Michel, de me répondre, Jean, ce n’est pas une raison ! Et moi de lui répondre, bon ben, OK d’abord. C’est-à-dire oui. Je venais de terminer la partie facile, bien des obstacles demeu- raient à franchir. Rendez-vous chez le médecin accrédité par Transport Canada pour un certificat médical de classe 3. Le premier obstacle arrive, en fait, mon certificat médical se fait at- tendre une année et trois mois. Sans aucun problème de santé. Impossible de voler en solo durant toute cette période. Cette situa- tion laisse bien du temps pour l’apprentissage. Inscrit dans une école de pilotage à l’aéroport de Québec, la deuxième étape est l’examen théorique PSTAR. L’examen n’est pas difficile et est majoritairement sur la réglemen- tation. Mais on doit ouvrir les livres et se mettre à jour. Ce que j’ai fait. Une première surprise j’apprends que les antennes émettrices pour l’appareil Lauren C, que j’avais dansmon ancien avion, avaient été retirées depuis vingt ans. Un petit coup de vieux effectivement. Mon premier GPS en 1992. (Lauren-C, appareil de localisation plus ou moins précis comparé au GPS. Basé sur les ondes de basses fréquences.) À la lecture des documents et arti- cles de magazines d’aviation, j’appre- nais que mon an- cien tableau de bord était muni d’instruments à vapeur. Oui comparé à une machine à vapeur. En fait, il y avait d’autres instru- ments auxquels on re t i ra i t l e s émetteurs au sol. Les NDB, les VOR, à un rythme im- pressionnant. • Volume 40 Numéro 2 43 Regard humoristique, sur un retour au pilotage dans le ciel québécois ! Par Jean Racine

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