V30N1
• Volume 40 Numéro 1 30 Pilotes unis : pour une aviation utilitaire et générale forte au Canada Par Marc-André Théorêt L’aviation au Canada, une industrie née des grands espaces Le Canada est né de ses distances. Avec un territoire s’étendant d’un océan à l’autre et un Nord immense dépourvu de routes, il n’est pas étonnant que le pays soit devenu un laboratoire d’inno- vations aéronautiques. L’aviation, ici, n’a jamais été un luxe : elle a toujours été une nécessité. C’est dans ce contexte que les Canadiens ont fait preuve d’une créativité sans égal – concevant, adaptant et perfectionnant des technologies qui allaient transformer le monde. Depuis le tout premier vol en 1909 du Silver Dart, beaucoup d’in- novations ont marqué notre histoire et celles-ci ont donné nais- sance à un style d’aviation unique au monde – l’aviation utilitaire canadienne (à savoir le segment qui englobe les avions de patrouille de feu, d’épandage, d’évacuation médicale, de sur- veillance des réseaux électriques et des pipelines, d’écoles de pi- lotage, de tourisme aérien, etc.) – qui a permis d’explorer, cartographier et développer les régions les plus isolées du pays. De la nécessité naissent les inventions et nous avons marqué l’aé- ronautique par la création de différents appareils, comme le Beaver, le Otter, la série Dash, le CL-215 et que dire du Arrow… Et cela, c’est sans parler des sociétés qui se sont développées, soit les De Havilland, Avro, Canadair, Bombardier et CAE de ce monde! Le ciel canadien a toujours été une matrice d’inventions. Et tant qu’il y aura des rêveurs, des pilotes et des ingénieurs passionnés, il continuera de l’être. Le moteur invisible de notre économie régionale L’aviation utilitaire et générale (AUG) est donc bien plus qu’une passion : c’est un moteur économique et social, un incubateur de créativité et de dynamisme économique. Des avions monomo- teurs aux jets d’affaires régionaux, ces aéronefs assurent le trans- port de personnes et de marchandises, la formation de pilotes, le tourisme aérien, et même les missions de santé et de secours dans nos régions éloignées. Pourtant, malgré leur rôle crucial, leur voix peine à se faire entendre à Ottawa. En effet, contrairement à d’autres pays, le Canada (ministère des Transports) n’a aucune politique concernant l’aviation utilitaire et reconnaissant son rôle clé pour notre industrie aéronautique. Des frais d’atterrissage qui menacent notre aviation Nous avons tous constaté récemment que de plus en plus d’aéro- ports facturent des frais d’atterrissages dont les montants varient d’un endroit à l’autre et qui sont bien souvent hors de proportion avec les services offerts. Je pense en particulier aux aéroports fé- déraux, désormais sous gestion privée depuis le début des années quatre-vingt-dix. Un de nos administrateurs a eu l’occasion l’été dernier de se poser à de nombreux aéroports au Canada, et ce, jusqu’en Alberta. Il nous a rapporté qu’il a eu l’occasion de discuter avec des repré- sentants de divers aéroclubs et la majorité se sont dit inquiets de la prolifération des frais d’atterrissage, voyant dans ceux-ci une contrainte majeure au droit de voler et une menace pour notre industrie aéronautique. Pour de nombreux pilotes, le coût d’un simple atterrissage dans un grand aéroport (Mirabel entre autres) peut atteindre 80 $ ou
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=