V29N4

JUILLET / AOÛT 2025 55 HISTOIRE (A-X), un avion d’attaques au sol et peu coûteux. Six d’entre eux répondent, dont Fairchild et Northrop qui reçoivent par la suite des contrats pour construire des prototypes. En 1969, Pierre Sprey, ingénieur français, Harry Hillaker, un ami ingé- nieur, John Boyd, l’un des premiers instructeurs de pilotes de chasse de l’USAF Fighter Weapons School, Tom Christie, ana- lyste, et Everest Riccioni, pilote d'essai, forment un groupe fa- milièrement nommé « Fighter Ma f ia ». Ils ont alors l’idée d’un avion robuste qui, même très endommagé, peut rester en état de navigabilité avec un moteur, une queue ou d'autres pièces inopérantes ou abattues et pouvoir ramener le pilote à sa base. Le Warthog… Le 10 janvier 1973, aux dépens du Northrop A-9, c’est l’A-10 de Fairchild qui l’emporte. Plus tard, cet étonnant avion mo- noplace à ailes basses et droites, conçu pour donner au pilote une vue panoramique grâce à un cockpit et une verrière en forme de bulle, sera livré à la Davis-Monthan Air Force Base. Bâti autour d’un puissant canon Gatling GAU-8 Avenger de 30 mm et de son énorme tambour à munitions, qui peut tirer 1100 obus à la cadence de 3900 coups/min, l’A-10 se veut être un avion solide et ef f icace. Il est muni de deux turboréacteurs à double f lux, économes en carburant, à faible signature IR, montés au-dessus du fuselage arrière. L’avion a un long rayon d’action et la capacité de décoller ou atterrir sur de courtes pistes, en plus de permettre des opérations de l’intérieur ou vers l’extérieur de secteurs voisins des lignes de front. Les redondances des systèmes de commandes de vol sont pro- tégées par un système manuel de vol de secours qui donne au pilote la possibilité de voler et d’atterrir, même si la puissance hydraulique est perdue ou l’avion est endommagé par des tirs ennemis. L’A-10 peut résister à des coups directs de projectiles perforants et explosifs jusqu’à 23 mm, car le réservoir de ké- rosène est protégé par une mousse auto-obturante qui a la propriété de colmater les trous en interne en cas d'impact et n'explose pas sous les tirs. L’A-10 ne possède pas de radar, mais il est équipé de systèmes de navigation inertielle, d’un contrôle de tirs, d’un système d’approvisionnement d’armes, d’une aide à l'acquisition d’ob- jectifs et de lunettes de vision de nuit. Un système d’af f ichage à tête haute HUD donne la vitesse, l'altitude et l'angle d'as- siette, des informations de navigation ou encore l'état des armes. Il est muni du laser Pave Penny, cet équipement d’ob- jectifs de suivis, situé sous le fuselage avant droit. Il dispose de panneaux de contrôle d'armements et de contre-mesures infrarouges ainsi qu’un pod électronique AN/ALQ-131 ou AN/ALQ-184 pour brouiller l’action de ses missiles sol-air. Il possède aussi un petit nombre de paillettes CHAFF et de fu- sées éclairantes FLARE pour son autoprotection contre des missiles antiaériens. Le système est complété par deux extinc- teurs Halon. Réarmement d’un A-10 lors de l’Opération Desert Storm. Crédit photo : Wikipédia

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=