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MAI / JUIN 2025 53 N ous souhaitons vivement que ce nouveau premier ministre dirigeant son tout premier gouvernement apportera les changements tant attendus qui aideront les Canadiens à pros- pérer davantage et maintenir une qualité de vie enviable. Nous comprenons certainement et soutenons sans réserve que le gouvernement se concentre résolument sur le con f lit com- mercial avec les États-Unis. Toutefois, dans le contexte d’incer- titude politique et économique, nous exhortons le gouvernement à ne pas négliger les principaux problèmes qui menacent la qualité des services en transport aérien dont les Canadiens béné f icient et dépendent. L'ATAC a partagé cinq grands enjeux en matière de transport aérien avec les dirigeants des quatre principaux partis poli- tiques fédéraux, leur demandant d’en tenir compte lors de la rédaction de leurs programmes en vue des élections du 28 avril dernier. Malgré le fait que nos missives n’aient pas reçu l’atten- tion désirée dans le passé, il est tout de même impératif que nous continuions à rappeler aux gouvernements de tous ni- veaux que l’aviation est non seulement unmoteur économique clé et essentiel à la connectivité de notre pays, tant au niveau national qu’international, mais également une bouée de sau- vetage indispensable pour de nombreuses communautés. Les nouveaux ministres reçoivent des lettres de mandat du pre- mier ministre identi f iant les priorités établies par ce dernier. Malheureusement, les lettres de mandat reçues par les minis- tres des Transports depuis 2015 ont largement négligé l’avia- tion. Cette omission a varié de l'absence totale de tout soutien à l'aviation dans la lettre du ministre Garneau à un renforce- ment du contrôle réglementaire et du Règlement sur la protec- tion des passagers aériens dans des lettres ultérieures. Il n’a jamais été question d’investissements importants en infra- structures ou en services aéronautiques qui sont pourtant des éléments essentiels au maintien d’une industrie aéronautique sûre et pertinente. Nous espérons vivement que la lettre reçue par le nouveau mi- nistre comprenait le mandat d’aider l’aviation au Canada par des investissements dans les infrastructures, en particulier dans les régions nordiques et éloignées du Canada, et un as- souplissement des frais et des charges pour soutenir la com- pétitivité de notre secteur. Ce gouvernement doit aussi se donner comme mandat de cesser d’augmenter notre fardeau réglementaire, d’encourager le développement de la produc- tion et de la distribution de carburant d’aviation durable au Canada et de participer à un effort conjoint de l’industrie et du gouvernement pour combler la pénurie de pilotes et de per- sonnel d’entretien d’aéronefs au Canada. L'inclusion de ces enjeux clés pour l'industrie démontrera un réel engagement à soutenir l'aviation au Canada. Cela marque- rait un changement bienvenu par rapport à la dernière décen- nie au cours de laquelle le gouvernement a largement consi- déré notre industrie comme une simple source de revenus, im- posant des attentes en matière de niveau de service qu’aucun autre secteur, y compris les services gouvernementaux, n’est tenu de respecter. Le résultat du dernier audit de l’OACI de Transports Canada monopolise une grande partie de l’énergie du ministère. Ce rapport peu reluisant qu’a obtenu Transports Canada pourrait être attribué à un désalignement des priorités. Cependant, un deuxième mauvais bulletin constituerait certainement une honte mondiale pour le gouvernement. Malheureusement, cet effort de redressement représente un investissement de res- sources qui devraient normalement être utilisées pour remplir son mandat d’assurer le transport f iable et ef f icient des per- sonnes et des marchandises au Canada. Avec la nouvelle administration aux États-Unis, le Canada a ap- pris la dure leçon qu'il ne peut compter que sur lui-même pour développer et protéger le Nord. Cela nécessitera d’importants investissements en capital dans les aéroports, en communica- tion aérienne et dans des infrastructures de navigation aé- rienne. La politique de l'utilisateur payeur adoptée par le gouvernement ne peut soutenir les régions nordiques et éloi- gnées du Canada. Le seul avantage des relations tendues avec les États-Unis ré- sultant de ce con f lit est l’abandon probable et absolument jus- ti f ié de toute discussion sur le cabotage au Canada. Compte tenu du coût élevé et non subventionné des infrastructures d’exploitation au Canada, permettre aux transporteurs améri- cains de concurrencer sur notre marché serait catastrophique pour l’industrie canadienne du transport aérien à court terme et tout autant pour les voyageurs aériens canadiens à plus long terme. Nous espérons en f in que le nouveau ministre des Transports s’avérera notre champion de l’aviation tant attendu, engagé à maintenir au Canada une industrie du transport aérien sécu- ritaire, de calibre mondial et durable, une personne déterminée à contribuer à abattre les obstacles et à participer à la maximi- sation de l’ef f icience des opérations aériennes et de la qualité des services aériens pour les Canadiens de toutes les régions de notre vaste pays. L'ATAC et l'industrie du transport aérien s'engagent à collabo- rer avec le nouveau ministre pour maintenir et même amélio- rer les services aériens que les Canadiens de toutes les régions apprécient et sur lesquels ils comptent. Nous ne pouvons qu'es- pérer qu'avec le nouveau premier ministre, nous inaugurerons une nouvelle ère de politiques et d'actions gouvernementales qui reconnaissent et soutiennent le rôle essentiel et stratégique que joue l'aviation commerciale au Canada. Q DÉBATS Un nouveau gouvernement, un temps nouveau pour l’aviation? John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC
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