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MAI / JUIN 2025 18 V oilà une question à laquelle nous essayons de répondre depuis des années. Dès les années 2000, des rumeurs commencent à circuler et commencent à inquiéter les proprié- taires. Les agences qui gèrent la protection de l’environnement commencent à grogner et demandent pourquoi l’aviation gé- nérale est le seul secteur planétaire qui utilise encore du TEL (plomb tétraéthyle) dans le carburant utilisé par ses avions. La réponse est simple : les moteurs utilisés en aviation géné- rale ont besoin d’un carburant à niveau d’octane très élevé pour éviter les problèmes comme le cliquetis et la détonation, capables de détruire un moteur en quelques minutes. Seuls les moteurs d’une puissance inférieure ou égale à 180 ch, d’un taux de compression faible, non turbocompressés, peuvent utiliser des carburants ayant un indice d’octane plus faible. Cela représente environ 50 % de la f lotte mondiale actuelle. Celle-ci dénombre environ 300 000 moteurs à pistons… Du côté gouvernemental et industriel Il est évident que, contrairement au secteur automobile, l’avia- tion générale n’a pas beaucoup progressé dans la transition vers le carburant sans plomb. Les dangers du plomb pour la santé sont pourtant bien documentés, et ce, depuis le début des années 1920. En 1927, le « General Surgeon » (ministère de la Santé) des États-Unis a introduit la première norme li- mitative sur la teneur en plomb dans l’essence. En 1970, le Congrès américain a adopté le Clean Air Act et a créé l’Agence de protection de l’environnement (EPA). L’EPA resserre les normes pour la quantité de plomb autorisée dans l’essence automobile (qui ont déjà évolué plusieurs fois) et prépare sa disparition complète. TECHNIQUE Par Emmanuel Davidson | illustrations de l’auteur et constructeurs L a disp a rition de l ’ AVGAS est pour dem a in C’EST BIENTÔT LA FIN. Pour les É.-U., le 1 er janvier 2030 entrera dans l’histoire comme le jour où l’AV G AS utilisée depuis l’entre-deux-guerres sera définitivement interdite. Pour l’Europe, ce sera 2032… Cela peut paraître lointain, mais en fait c’est demain matin! Sommes-nous prêts ou verrons-nous nos avions condamnés à re- joindre le cimetière? Nos chers avions vont-ils finir bâchés et stockés sur une pelouse comme ces Beechcraft T-34 Turbo Mentor des Forces armées américaines du fait de la disparition de l’Avgas en 2032? On ne pourra s'y résoudre. Ce schéma résume bien quelques chiffres clés venus des É.-U. : l’Avgas produite représente 0,1 % de la production de carburant automobile. Une fois un carburant sans plomb certifié, il faudra deux à cinq années avant que la production et la distribution se mettent en place. Le premier effort officiel pour lancer un programme de remplacement de la 100LL a eu lieu en 1991. Trente-quatre ans plus tard, le problème n’est pas encore résolu.

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