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MARS / AVRIL 2025 61 HISTOIRE ou insignes rendus très personnels. On peut les voir avec l’Es- cadron Jagdstaffel 50 de la chasse aérienne allemande, équi- pée d’Albatros D.III ou sur des avions de reconnaissance, tel le biplan allemand LFG Roland C.II, surnommé Wal f isch (ba- leine), avec cette gueule de requin, reconnaissable près de l’hé- lice et du moteur. À cette époque, plusieurs oeuvres furent réalisées par des équipes au sol a f in de personnaliser des pilotes et leurs avions. En Italie, on attribue à l’As d’aviation Francesco Baracca un certain cavallino rampant. C’est ainsi qu’après la guerre, Enzo Ferrari utilisera ce même emblème que l’on peut reconnaître encore de nos jours par ce renommé cheval cabré sur les voi- tures Ferrari. Pendant ce temps, des avions belges, russes, po- lonais, britanniques et français ont eux aussi commencé à arborer des armoiries dans la même tradition que des cheva- liers médiévaux. Quant à l’As d’aviation français Charles Nungesser de l’Esca- drille N62, il reçoit une fresque toute particulière près du cockpit de son Nieuport 17, soit un cœur noir bordé de blanc, sur lequel avaient été peints un cercueil, deux chandeliers et une tête de mort. Par la suite, l’Escadrille fut renommée Esca- drille des Coqs. Elle ne gardera que le rouge sur ses avions Nieuport 10 et 12 a f in d’honorer le sang versé par les équi- pages. En 1918, sans autorisation de leur hiérarchie militaire, de jeunes aviateurs américains ont aussi peint sur des avions l’es- prit pionnier de l’Amérique. Ce fut fait souvent avec des têtes d’Indiens, des bisons ou avec les couleurs du drapeau de l’On- cle Sam. Par exemple, le Chapeau dans le ring (Hat in the Ring) du 94 th Aero Squadron fut attribué au Lt. Johnny Wentworth et le Coup de pied de mule (Kicking mule) du 95 th Aero Squa- dron fut of f icialisé le 6 mai 1918 par le major-général Benja- min Delahauf Foulois de l’US Air Expeditionary Force Service. Le but louable était de créer des insignes particuliers pour les escadrons a f in d’aider à une meilleure identi f ication des ap- pareils concernés par les pilotes. Mais dès 1919, les insignes, les couleurs et les peintures commencèrent peu à peu à dis- paraître sur les aéronefs alliés et sur ceux de l’US Army Air Service. Voici que la Seconde Guerre mondiale débute. Et le Nose Art revient avec des couleurs, des motifs et des messages dessinés sur divers avions alliés et sur certains autres de l’Axe. Ce fut alors l’âge d’or de ces véritables œuvres d’art reconnues de- puis par de nombreux observateurs et conservateurs de musée. Par exemple, un Nose Art fut immortalisé par les fa- meuses dents du requin Sharkmouth. Il était accompagné de l’insigne du tigre de Bengale ailé sautant à travers un V stylisé, réalisé pour la victoire de novembre 1941. Il aurait été vu pour la première fois sur des P-40 Tomahawk de l’American Volun- teer Group (AVG) Flying Tigers. Par la suite, certains aéronefs comme des Bf 110 allemands et des P-40 britanniques utilisè- rent aussi le Sharkmouth (Gueule de requin). Lors de cette deuxième grande guerre, des Nose Art apparu- rent aussi sur des A-20 Havoc, B-17 Flying Fortress, B-24 Li- berator, B-25 Mitchell, B-29 Superfortress, Handley Page Nose Art de pin-up Hot Gen! sur B-25J et reporter Martin Cormier au Canadian War Plane Heritage Museum Nose Art d'un logo de la ville de Québec sur un Wellington - Crédit photo Défense Nationale du Canada

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