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• Volume 39 Numéro 2 23 L’aviation générale au Québec en arrache ces temps-ci. On a vu le syndrome du pas dans ma cour à Saint-Roch-de-l’Achigan, Drummondville, Saint-Hubert ou sous le prétexte de l’acceptabilité sociale, nos politiciens plient sous les pressions populaires et pré- fèrent les gains à court terme plutôt que de croire en une vision à plus long terme. Une attaque pour nuire à l’aviation générale est en voie d’être orchestrée par la direction de l’aéroport de Bromont. Son directeur, lors du colloque du Réseau québécois des aéroports (RQA) l’automne dernier, confirmait la volonté de la di- rection de l’aéroport de procéder à l’imposition de frais d’atter- rissage en 2025. Il en a profité pour vanter la facilité de collecter l’information nécessaire pour identifier les aéronefs et leur factu- rer des frais d’atterrissage. Ce système est présentement en pé- riode de rodage à Bromont. Un autre cas des plus évidents où l’on veut chasser l’aviation générale est celui d’ADM et frais d’atterris- sage à l’aéroport de Mirabel. Saviez-vous qu’en 2025, vous devrez assumer des frais d’atterrissage de 74,70 $ pour atterrir à CYMX ! Plus récemment, dans une récente correspondance, le RQA dont le mandat est de « Réunir et soutenir les aéroports dans la valo- risation de leur contribution essentielle » appuie la direction de l’aéroport de Bromont, faisant ainsi fi de leur mission. On rejette d’emblée que la pénurie de pilotes n’est aucunement liée à l’im- position de frais d’atterrissage. On oublie dans ce raisonnement étroit que ce n’est qu’un facteur qui s’ajoute au « pas dans ma cour » et qui mène à la fermeture d’écoles de pilotage. Pourtant, c’est là que tout commence et que l’on forme les pilotes dont au- ront besoin nos transporteurs demain. Aviateurs Québec, avec comme cosignataire COPA, a fait parvenir aux élus concernés un argumentaire contre l’imposition de frais d’atterrissage et leur impact sur la pérennité de l’aviation géné- r U a n le u . sager de l’aéroport de Bromont a aussi interpellé les élus res- ponsables de l’aéroport de Bromont. Nous reproduisons ici, avec sa permission, son texte. « C’est avec un fort sentiment de découragement et de frustration que j’ai appris que les gestionnaires de l’aéroport de Bromont pré ‐ voyaient imposer de frais d’atterrissage aux aéronefs privés qui s’y poseront. Mon exaspération vient du fait qu’encore une fois, on vise un secteur de l’aviation canadienne qui est déjà étranglé par l’augmentation démesurée des coûts qui y sont associés et la multiplication de frais injustifiés de toute sorte. De plus, les aérodromes canadiens sont et doivent rester un service et non une source de revenus, tout comme les rues ou les trottoirs. L’aviation générale et spécifiquement petite aéronefs privés, repré ‐ sentent un élément important de notre économie et du futur de l’avion en général dans le pays, mais est devenu avec le temps un marché fragile et en perte de popularité à cause de mesures telles que celle dont vous semblez vouloir met ‐ tre en place à CZBM. Je me dois de recon ‐ naître le besoin pour les municipalités et les corporations aéro ‐ portuaires de trouver des sources de reve ‐ nus supplémentaires dans le but de maintenir certains services, mais je suis d’opinion que votre mesure vise la mauvaise cible avec les mauvaises mesures, comme on ne demande pas aux piétons de payer l’usage du trottoir à chaque utilisation et aux cyclistes de payer les pistes cyclables à chaque passage. Il est important, comme dans toute bonne entreprise, de trouver un équilibre entre le prix et l’attractivité de son produit pour maximiser ses ventes, ou dans votre, cas son achalandage. L’achalandage à CZBM est essentiel pour les entreprises locales et les ventes de car ‐ burant. L’imposition de frais d’atterrissage universels ne peut que résulter en une baisse de cet achalandage, si important pour les commerces locaux, ainsi qu’a des revenus supplémentaires négligea ‐ bles. Pour maintenir l’équilibre entre l’achalandage et une augmentation des revenus de l’aéroport, je vous suggère fortement d’imiter vos col ‐ lègues des autres provinces et de la majorité des états américains en imposant des frais d’atterrissages et d’utilisation du terminal qu’à des catégories visées d’utilisateurs telles que les vols commer ‐ ciaux et les aéronefs de plus de 12 500 lbs. Je vous conseille aussi de consulter les principaux intéressés dans ce dossier, c’est ‐ à ‐ dire les utilisateurs de l’aéroport quand un change ‐ ment aussi important est considéré. Vous pouvez facilement avoir accès à la presque totalité de vos utilisateurs par l’entremise des as ‐ sociations canadiennes et québécoises de pilotes et propriétaires d’aéronef. L’effort n’est donc pas difficile à faire. Jocelyn Brunet, Consultant en aviation civile Pilote de ligne et propriétaire d’aéronef Membre de Aviateur Québec et de la COPA Utilisateur de l’aéroport Rolland ‐ Desourdy Merci. Les seuls juges dans ce dossier sont vous les pilotes d’aviation gé- nérale. Vos choix et vos actions face à ces impositions de frais d’at- terrissage pourraient influer sur la suite et le résultat de ces actions à venir. À vous de choisir d’y aller ou non. Note : une copie de toute la correspondance référencée dans cet article est disponible au lien suivant : Frais d‘atterrissage CZBM Aviateurs Québec avec la contribution de Jocelyn Brunet, Consultant en aviation civile, pilote de ligne et propriétaire d’aéronef, membre d’Aviateurs Québec et COPA, utilisateur de l’aéroport Rolland-Desourdy Comment nuire à l’aviation générale et se plomber les ailes: imposer des frais d’atterrissage

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