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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2024 61 HISTOIRE Quelques chiffres : 12 731 exemplaires des diverses variantes de B-17 furent construits de 1936 à 1945 aux chaînes de mon- tage de Douglas et de Lockheed-Vega. Plus de 640 000 tonnes de bombes furent larguées sur les seuls objectifs européens durant les 294 875 missions desquelles 4 483 bombardiers ne rentrèrent pas. Sentimental Journey (44 ‐ 83514) Concernant l’appareil de modèle B-17G qui nous intéresse ici, il avait dix membres d’équipage. Son coût était de 187 742 $ US en 1945. Avec une envergure de 31,62 m, une longueur de 22,65 m, une hauteur de 5,82 m et une masse totale de 25 130 kg, son plafond pratique était de 10 850 m (cabine non pressurisée) et sa vitesse maximale atteignait 500 km/h. Son autonomie était de 3?200 km. Cette forteresse volante, munie de 4 moteurs Wright Cyclone R-1820-97 turbocompressés de 1 200 chevaux chacun, avait comme armement 13 mitrail- leuses de 12,7 mm et elle pouvait contenir dans sa soute un maximum de 7 985 kg de bombes. Basée aujourd’hui à Meza en Arizona, cette forteresse volante fut construite par Douglas Aircraft à Long Beach en Californie en novembre 1944 et mise en service le 13 mars 1945 dans le théâtre du Paci f ique. Après la guerre, elle a joué plusieurs rôles : cartographie aux Philippines, sauvetage air-mer en Flo- ride et, le plus surprenant, comme drone! Toujours basée en Floride, elle servit au sein du 3215 Drone Squadron à la Patrick Air Force Base . Pendant la 4 e série d'essais d'armes nucléaires atmosphériques d'après-guerre menée par les États-Unis au printemps 1951, l’avion sans pilote et télécommandé partait mesurer les effets de souf f le et thermiques, et collecter des échantillons de nuages radioactifs. Puis, en 1959, il fut entre- posé à la base militaire de Tucson, en Arizona. Acquis quelques mois plus tard par l' Aero Union Corporation de Chico, en Cali- fornie, l’avion commença son nouveau rôle de bombardier d’eau qui allait durer 18 ans. Le 14 janvier 1978, il fut donné à la CAF. Un concours fut alors lancé pour lui donner un nom, et c’est Sentimental Journey qui fut retenu. Ce nom fut inspiré d'une chanson rendue très populaire par Doris Day en 1945. Depuis, Sentimental Journey fut entièrement restauré et re- trouva son état d'origine en 1985, avec l'ajout de tourelles de défense, de portes de soute à bombes opérationnelles, de postes de navigation et d'opérateur radio, d'un viseur de bombe Norden et de mitrailleuses. À noter que vers la f in de la guerre, on ne peignait plus les B-17, car ça devenait inutile alors que la suprématie aérienne des Alliés était acquise. Ça permettait aussi d’épargner le surplus de poids que cela im- pliquait. En conclusion, avec la continuité de tous ses rôles et de ses représentations en vol au f il des ans dans toute l’Amé- rique du Nord, Sentimental Journey est bien représentatif de la renommée de f iabilité des B-17. Sources et remerciements : la CAF en Arizona (www.azcaf.org), les Ailes d’époque du Canada, la revue MACH 1 de 1979, Bombers of World Wars I and II de Francis Crosby, Wikipédia. Q L’insigne U du 457e Groupe de bombardement de la base de Glatton de la RAF pendant la guerre est bien apparent sur la dérive arrière de l’avion. Photo : Pierre Lapprand Le modèle B-17G se distingue par l’ajout d’une chin turret (tourelle de menton) frontale, opérée par le bombardier. Photo : Pierre Lapprand Betty Grable, la pin-up numéro un de la Seconde Guerre mondiale. Son image apparaît sur ce B-17G. Photo : Wikipédia Le viseur ultra-secret Norden, bien en place devant le siège du bombardier. Ce viseur ne devait jamais tomber entre les mains de l’ennemi. Photo : Noël Rodrigue La vue de face du B-17 demeure impressionnante. Sentimental Journey est actuellement l’une des 5 forteresses volantes toujours en état de vol et en activité. Photo : Pierre Lapprand
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