V28N1

Née d’un père machiniste et d’une mère couturière, rien ne lais- sait présager son choix de carrière et son intérêt pour les airs. Dès le milieu du secondaire, elle sait qu’elle veut faire carrière dans le milieu de la santé et concentre ses efforts pour obtenir les notes nécessaires pour entrer à l’école de Pharmacie. Elle vient d’une famille qui aime faire les choses. Sa mère, ayant été élevée sur une ferme, lui a toujours dit de ne pas attendre après les hommes pour faire les tâches, et à la maison, il n’y avait pas de travaux qui ne pouvaient pas être faits par une f ille. En 1984, pour la première édition du Festival de Saint-Jean, elle était navigatrice pour un pilote de Colombie-Britannique. La com- pétition consiste à naviguer les vents pour atteindre une cible. C’est ce qui lui a permis d’apprendre beaucoup sur les effets météorologiques locaux. Avant même d’en faire la théorie, elle savait bien que les vents « avancent » en montant, et que le soir les vents « reculent ». C’est en 1987 qu’elle obtient son brevet de pilote. N’ayant pas de ballon, l’année suivante, c’est avec empressement qu’elle accepta l’offre d’aller voler avec Leo Burman, qui venait tout juste d’obtenir sa licence ballon. Ce fut le début d’une belle amitié qui les a menés à devenir un couple dans la vie. En 1993, à la suite du désistement d’un pilote dans une compéti- tion de distance en ballon à gaz (ballon dont la portance est obtenue par de l’hélium) on lui a offert la place de co-pilote. C’était pour elle la façon de voler idéale (sans le bruit du bruleur), mais inaccessible à cause des coûts prohibitifs. Malheureusement, il n’y a pas eu de décollage à cause d’une fuite dans le ballon, mais c’é- tait partie remise. Ceci lui a permis de voir les possibilités de faire ce type de vol. C’est ainsi qu’elle est allée s’entrainer en Allemagne (sur ballon à hydrogène) et ainsi participer avec Leo, à plusieurs compétitions de distance. Parmi les plus mémorables en 1999 ils se sont classés deuxièmes à la Coupe Gordon Bennett (la compéti- tion la plus prestigieuse de ballon à gaz) en volant 1563 km d’Albuquerque NM à Jackson MS, c’était la première fois que des Canadiens se classaient dans cette épreuve. Un autre vol mé- morable fut de Waasmunster (au nord de Bruxelles) à la Finlande près de la Russie. Un vol de plus de 2000 km en 70,5 heures, dont 30 h au-dessus de la mer du Nord. Un autre vol dont elle est f ière fut fait avec une co-pilote de Californie. Elles ont volé 1968 km en 57,3 h d’Albuquerque NM à Holland MI. Environ 56 heures de ce vol furent au-dessus de 10 000 pi et elles ont traversé le lac Michigan à 16 500’. Pour une première fois, les 3 premières places étaient tenues par des femmes pilotes aux commandes. Même si les vols à gaz ont occupé une grande place, la plus grande partie des heures de vol ont été faites à l’air chaud. Grâce à une belle amitié, ils ont pu aller piloter dans plusieurs régions de France (Loire, Lorraine, Aveyron, Dordogne), en Allemagne, au Portugal et au Madagascar. Le désir de connaître d’autres régions leur a permis de voler au Japon, en Inde, en Turquie, en Chine, bien entendu à plusieurs endroits aux États-Unis et même au Nunavut. Elle cumule près de 1500 heures de pilotage ballon. Pendant ces années, elle est devenue instructrice et a eu sa licence de Technicien d’entretien ballon. En 2011, avec Leo, ils se sont construit un petit ballon et, quelques années plus tard, ils ont aidé un ami à en faire un autre presque qu’identique. La fabrication du ballon a pris environ 400 heures (rien à voir avec les avions). Après avoir été convaincue par Leo de faire une leçon de pilotage sur avion, elle décide d’apprendre à piloter les plus lourds que l’air. En 2012, elle obtient son brevet pour avion. En 2015 elle achète un Cessna 172, C-GNDP suite à la fermeture de l’école de pilotage. C’est alors qu’elle fait ses quali f ications de nuit et au- dessus de la couche. En 2017, elle obtient son annotation IFR. Elle aime les vols voyages et se rend même jusqu’à Punta Cana en Skyhawk. En 2019, elle vend le C172 pour un Cardinal RG. Elle a main- tenant près de 750 heures sur avion et rêve encore de plusieurs vols voyages. • Volume 38 Numéro 1 43 7341 Durabilité et qualit é exceptionnelle s ACHETEZ CANADIEN 30 années d’expérienc e Avec l’aimable permission de l’APPH Saint-Jean. Un article publié dans l’édition de novembre 2023 du Journal de bord de l’APPH. Danielle Francoeur, une passionnée

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