V27N4
JUILLET / AOÛT 2023 63 AVENTURE Avec l’application Mach 7, nous traçons notre route, puis l’af- f inons avec les cartes VAC pour prendre des points de reports facilement repérables. Pour le tracé des différentes routes entre chaque étape, nous ferons au plus direct, même si en ar- rivant au Maroc, nous avons dû revoir nos plans, car la navi- gation là-bas demande un peu plus de rigueur. Nous découvrirons lors d’un premier vol complet marocain que les itinéraires VFR « conseillés » sur les cartes sont en réalité obli- gatoires et que les contrôleurs nous demandent de rendre compte de notre position toutes les 3 minutes, parfois pour éviter que l’on survole des zones interdites (palais, etc.). Les radios, par expérience, ça ne sert à rien de passer trop de temps à les chercher, la tour nous donnant les prochaines fré- quences d’elle-même et ne correspondant souvent pas à celles que l’on a choisies. Pour contacter les aéroports aussi, nous avons dû insister. Impossible de trouver une adresse mail sur les cartes d’aérodromes marocaines. Il faut appeler le seul nu- méro disponible sur la carte VAC. Mais avec de la persévé- rance, nous avons f ini par réussir à réserver nos places de parking. La préparation arrive à sa f in et le jour du départ ap- proche. Nous étions tous excités. Pour ce voyage, nous partons à trois : Damien, Raphaël, les deux amis pilotes et Hamza qui est marocain et qui nous aura vraiment facilité les échanges, surtout aux arrivées des aéro- ports avec les autorités qui ont parfois du mal à comprendre pourquoi nous faisons ce voyage et mènent une vraie enquête sur nous pendant 12 jours… Nous étions suivis à la trace. Le grand départ : Montpellier vers Séville Lundi 29 août, le grand départ. Nous décollons à 10 h de la 30 gauche de LFMT. Vitesse de rotation 65 kts et c’est parti pour le niveau 115 en direction de Teruel pour un fuel stop, JET A1. Mais aussi le temps de manger un sandwich sur le tarmac. Ce vol nous aura offert comme beaux paysages la chaîne des Py- rénées. Mais le centre espagnol est vide et les paysages sont monotones aux couleurs jaunes et grises. Heureusement, nous rigolons bien, car la radio en anglais nous aura demandé un petit temps d’adaptation. Tous les deux FCL.055, mais Damien nous en fait tout de même quelques belles : « FHDJF, Go ahead (sous-entendu, passer votre message) (twr) » « Ok, Go ahead (réponse de Damien qui n’avait pas compris cette expression) »... Fou rire dans le cockpit. Nous sommes à Teruel dans ce garage à ciel ouvert d’avions stockés ici durant la période de la Covid et qui ne se vide pas. Une voiture-balai nous guide au parking entre deux gros Airbus, la sensation est unique. Nous ne perdons pas de temps et décollons aussitôt le plein fait pour Séville. Nous atterrissons entre deux vols commerciaux, arrivons au parking et sortons par la petite porte sans aucune formalité et aucun contrôle. L’aventure commence dans les rues de Séville. Nous goûtons bien évidemment aux tapas et nous nous émerveillons devant les beautés architecturales qu’offre cette ville. On y retrouve un style arabe mélangé au style occidental. Unique! Les rues grouillent de maisons colorées. Le lendemain, nous visitons le Palais de l’Alcazar et après un bon repas, aux heures espagnoles, nous nous dirigeons tranquillement vers l’aéro- port pour un vol rapide (moins d’une heure) vers Tanger via Gibraltar. Sur le trajet, nous checkons la météo qui n’était pas très optimiste. Nous sommes dans le terminal des vols privés en espérant que la météo s’améliore. Nous contactons les ser- vices météo de Tanger qui nous informent que cette dernière ne va pas en s’améliorant et que les arrivées VFR ne sont pas autorisées. Dans le même temps, nous qui ne souhaitions pas de handling (synonyme de frais supplémentaires), on nous refuse l’accès à l’avion, car ces derniers sont obligatoires. Nous avons perdu une heure à discuter avec les agents pour, au f inal, devoir en réserver un qui nous coûtera plus cher que les taxes elles- mêmes. Au regard de la météo, nous repoussons le vol au len- demain matin tôt pour pro f iter pleinement de la journée à Tanger et ne pas prendre de risques inconsidérés. D’autant plus que la nuit approchait et que l'atterrissage VFR de nuit est interdit au Maroc. Nous trouvons un logement rapidement et nous nous endormons pour nous réveiller aux aurores après un nouveau dîner aux tapas! Team, de gauche à droite : Raphaël Bonnefon, Hamza Qabil, Damien Brigant Raphaël et Hamza dans les rues de Séville
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=