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MARS / AVRIL 2023 51 P our tous les avions certifiés du monde, la règle est la même : s’il est nécessaire de changer une pièce ou un sous- ensemble, il y a obligation – à de très rares exceptions près – d’utiliser des pièces certifiées. La certification finale de l’avion complet étant réalisée par le constructeur de l’avion, ce der- nier a un contrôle relativement total sur les pièces de re- change. Il lui su f fit d’apposer son sceau de certification et une ré f érence d’article sur la pièce et de la porter à l’IPC (Illustra- ted Part Catalog) pour que celle-ci, achetée à un f ournisseur lambda (comme les poignées Citroën pour les verrières de Robin), devienne une pièce aéronautique, et pour imposer aux propriétaires son utilisation pour un remplacement et non pas par une trouvée dans le commerce automobile, par exemple. À partir de là, il fixe le prix qu’il souhaite et la discussion est close. Des prix disparates Certains constructeurs achètent les sous-ensembles qu’ils ne f abriquent pas, comme les alternateurs ou les démarreurs. Plutôt que de stocker un nombre important de ces appareils et d’utiliser la solution décrite ci-dessus, ils peuvent f aire le choix d’indiquer dans la documentation réglementaire la marque et le type de l’alternateur ou du démarreur certifié qui est monté sur l’avion. Le propriétaire (ou son mécanicien) pourra alors se f ournir chez le revendeur de son choix en vé- rifiant la correspondance des marques et ré f érences. Dans ce cas, le marché est beaucoup plus ouvert et la concurrence peut jouer. Les prix s’en ressentent. C’est pour cette raison que certains avions jouissent d’une mauvaise réputation quant au coût de leurs pièces détachées. Les TB de f eu Socata en f ont partie. Nombre de pièces sont ré f érencées en tant que pièces Socata, comme les joints courants. Si l’on peut trouver le joint original pour 5 $ US chez n’importe quel f ournisseur aéronautique, une f ois estampillé Socata, son prix passe à 21 $ US… Les avions Robin entrent aussi dans cette catégorie. Donc, lorsque l’en- tretien d’un avion repose sur un catalogue de pièces « constructeur », il f aut s’attendre à des prix au-dessus de la moyenne, par f ois dans des proportions stupéfiantes. D’où l’in- térêt de se renseigner à l’avance. Le concept de la pièce PMA a été poussé à son extrême par Continental. Après avoir racheté ECI, celui-ci a mis la main sur un catalogue de pièces PMA pour moteurs Lycoming tellement complet qu'il a pu les assembler pour créer un moteur entier. Il a la forme et l’encombrement d’un Lycoming, mais il est entièrement constitué de pièces PMA. Continental l’a même certifié! Par exemple, un posses- seur de Cessna 172 pourrait monter ce moteur Continental sur son appareil, sans aucune modification. ENTRETIEN Par Emmanuel Davidson | Cet article a initialement été publié dans l’édition de mars 2021 du magazine Aviation & Pilote. Les pièces détachées MAINTENANCE Nous parlons souvent des coûts associés à l’aviation et de la manière de les contrôler. Nous nous intéressons ici à un problème souvent ignoré avant l’achat d’un appareil : celui des pièces détachées.

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