V27N2

• Volume 37 Numéro 2 40 Je ne sais plus, si après le virage, il m’a fallu deux, quatre ou cinq minutes avant que je repère brièvement le sol à travers les nuages. Je n’ai pas voulu m’y attarder, car je volais toujours en IMC, sans référence à l’horizon externe à ce moment-là. J’étais en train d’exécuter le troisième volet des procédures : NAVIGUER. Ensuite, aussi soudainement que les nuages étaient apparus, j’ai eu droit à la vue la plus rassurante de la journée : une vue claire et dégagée sur Hamilton, s’étirant même jusqu’à Toronto! Je venais de vivre mon premier passage de conditions VMC à des conditions IMC et j’avais survécu! Dix minutes plus tard, je me posais à Burlington, comme si rien de spécial ne s’était passé pendant ce petit vol au milieu des nuages. J’ai roulé au sol jusqu’au hangar, puis je suis rentré chez moi. J’ai complètement oublié un détail pendant cet épisode trépidant : mon ami, dans son 172, était très inquiet de ne m’avoir ni en- tendu ni vu me poser. Plus tard, il m’a appelé et m’a fait des re- montrances (bien méritées) sans ambages. Je me suis humblement excusé de ne pas l’avoir tenu au courant et l’ai remercié chaleureusement de se préoccuper de moi. Voilà comment se comportent les copains de vol. Une leçon bien mé- ritée! Ré f lexions personnelles : J’avais consulté les bulletins météorologiques avant d’aller à l’aéroport ce fameux dimanche matin. Je savais qu’il y avait un front pluvieux et des couches nuageuses associées à ce mo- ment-là. Je me suis dit que le ciel se dégagerait et que je pour- rais voler sans danger, comme se l’était dit mon copain. Je savais qu’il véri f iait toujours minutieusement les conditions météorologiques avant de voler. Il a également une plus grande expérience de vol que moi et possède une quali f ication IFR sur multimoteur; de plus, ses capacités minimales person- nelles sont sans aucun doute supérieures aux miennes. Je pou- vais donc lui faire con f iance. Un jour, un pilote chevronné m’a dit ceci : « En aviation, il faut se donner des frayeurs de temps en temps pour pouvoir se souvenir plus tard de ne pas répéter certaines erreurs ». Cette remarque pleine de sagesse m’a frappé, et j’ai, depuis, ajouté quelques incidents angoissants à ma liste de « choses à ne pas faire ». Je suis certain qu’il y en aura d’autres à l’avenir. Je suis toutefois content d’avoir survécu à ma première transition VMC-IMC et de pouvoir en parler. Je peux maintenant attester que l’af f iche de TC « Il vous reste 178 secondes à vivre » est parfaitement fondée et qu’elle n’a pas été rédigée pour rien. Bon vol et soyez vigilant!

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