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JANVIER / FÉVRIER 2023 65 HISTOIRE cercle plus grand que l'avion de tête. Donc, je dois voler plus vite que le premier pour rester dans la formation. C'est un bon mélange de vitesse et de géométrie pour rester en position et faire en sorte que la formation en diamant soit belle pour la foule. M.A. : Quels sont les dé f is entre piloter un avion conven ­ tionnel et un de voltige? J.F. : Les commandes de base fonctionnent toujours de la même manière. Tirez sur le manche et l'avion monte. Poussez vers l'avant et l'avion descend. L'avion conventionnel le fait juste à un rythme plus lent qu'un avion de voltige. En ce qui concerne le T-6 Texan (Pilot Maker), c’est un avion d'entraîne- ment avancé, conçu à la f in des années 1930. Il n’est pas facile à piloter, en particulier pour son maniement au sol. Il faut tou- jours penser que c’est un T-6 à chaque approche ou atterris- sage! On doit utiliser les pédales de gouvernail tout le temps pour le maintenir droit sur la piste. Dans les airs, l'avion vole bien et n’est pas trop lourd pour les forces de contrôle. Il est sous-alimenté pour faire ce genre de manœuvres On doit an- ticiper quand on veut ajouter ou réduire la puissance. Il est lent à l’accélération et il faut du temps pour le ralentir. Cela rend le pilotage de la routine de voltige en formation très dif- f icile. M.A. : Quelle est l’histoire du T 6 Texan que vous pilotez? J.F. : Mon Texan (AT-6C) a été fabriqué en 1943. Envoyé au Mexique peu de temps après sa construction, il est resté avec l'Armée de l'air mexicaine jusqu'à son retour aux États-Unis en 1989. En 2017, lors du spectacle aérien d'Abbotsford, Colombie-Britannique, j'ai rencontré un jeune homme en pos- session de photos de son grand-père et de son père, membres de l'Armée de l'air mexicaine, aux commandes de mon T-6. C’était super! J’ai adoré le voir s'asseoir dans l'avion et visua- liser ainsi son grand-père et son père dans le même siège, il y avait de ça de nombreuses années. M.A. : Quelles sont les exigences pour chaque spectacle aérien? J.F. : Que ce soit pour le spectacle de jour ou crépusculaire, les manœuvres acrobatiques sont les mêmes depuis 20 ans. Nous les conservons, car elles sont sécuritaires. Ça fonctionne mieux du point de vue de la gestion de l'énergie. Et la foule les adore. Si on devait changer la routine, cela nécessiterait plus de pra- tiques, une com- munication diffé- rente, des régla- ges différents de puissance et des images différen- tes de visée. Nos attentes sont éle- vées. Le plus im- portant est la capacité de s'en- tendre avec ses coéquipiers. Si on fait une erreur, peu importe sa taille, elle sera discutée entre nous, car nous savons que cela fera de nous de meilleurs pilotes. On peut se sentir mal ou en colère, mais on doit avoir la capacité d'apprendre de nos erreurs, ac- cepter des critiques constructives et se lever le lendemain en étant heureux d’être là et d’offrir le meilleur de nous-mêmes. Mais la véritable récompense est lors de la réussite de super belles performances. Nous sommes tous excités, heureux d’avoir pu offrir ça aux passionnés d’aviation. M.A. : Quels sont vos plus beaux souvenirs? J.F. : Voler à Oshkosh est toujours très spécial parce que tant de gens partagent le même amour pour le vol. J'aime bien aussi les petits spectacles et les salons d’aviation. On peut rencon- trer plus de gens dans une atmosphère assez détendue. Et par- fois voir un jeune et lui dire de se f ixer un objectif, de ne jamais arrêter de rêver de pouvoir voler un jour et de travailler fort pour que ce rêve se réalise. Également, voler avec AeroShell Aerobatic Team est fantastique! En terminant, j'ai été vraiment béni dans ma carrière. Dieu m'a permis de vivre un rêve en pi- lotant des avions depuis 53 ans! M.A. : Merci M.Jimmy Fordham ! Q Dans le cockpit de son T-6 Texan, Jimmy Fordham en préparation de vol. Crédit photo : Martin Cormier Jimmy Fordham et Martin Cormier, reporter du Magazine Aviation. Crédit photo : Martin Cormier Position « Slot » du Texan no 4 de Jimmy Fordham avec ses coéquipiers 1 et 3 d’AeroShell Aerobatic Team. Crédit photo : Martin Cormier

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