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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2022 58 Pour cet article, je vous emmène encore dans le parc national de Wood Buffalo, plus précisément dans le delta Paix-Athabasca. Ce delta est une partie importante du parc. Il s’agit d’un site du patrimoine mondial de l’Unesco en raison de son importance pour la faune et l’écosystème de la région. Le delta est utilisé par les Dénés qui vivent à Fort Chipewyan pour la chasse, la trappe, la pêche et d’autres activités traditionnelles. ENVIRONNEMENT Le delta Paix-Athabasca Par Raphaël Jeansonne I l constitue une région vraiment intéressante à survoler, car il est entremêlé de lacs, de rivières, de ruisseaux et de prai- ries. Tout au long de l’année, le terrain change avec la diminu- tion du niveau d’eau. Lors des inondations printanières, pratiquement toute la région devient un seul grand lac. Le delta est alimenté par trois sources : la rivière de la Paix, la ri- vière Athabasca et le lac Athabasca. Chaque printemps, il se ren f loue plus ou moins selon la source d’eau qui est la plus haute. La région est située à l’extrémité des prairies cana- diennes et présente donc un relief très plat, quelques pieds par kilomètre dans certains cas. De ce fait, quatre rivières de la région peuvent voir leurs f lots s’inverser quand les condi- tions sont propices. L’une de ces rivières est longue de 35 km! Le plus grand lac du delta est le lac Claire, un lac d’environ 20 km de diamètre. Malgré sa grandeur, il ne serait que d’en- viron 10 pieds de profond en son centre. Beaucoup de lacs ad- jacents se remplissent seulement au printemps et s’écoulent tranquillement le reste de l’année. La rivière du lac Baril est bloquée par un embâcle depuis plusieurs années et vu qu’il ne se remplit plus au printemps, le lac s’assèche et n’est plus que du tiers de ce que l’on voit sur la carte. La plupart des vols que j’ai effectués pour le parc ont été au- dessus du delta, principalement pour les vols de surveillance de bisons, mais aussi pour les embâcles et les niveaux d’eau au printemps, ainsi que des vols de surveillance du bracon- nage et des vols de reconnaissance en général. Après trois sai- sons de vols au-dessus du delta, je commence à bien le connaître, mais ce n’est pas facile. Tous les lacs et rivières qui ont un nom sur la carte et certains endroits ont deux noms : un of f iciel et un local. Voler à basse altitude dans un endroit où il y a plus d’eau que de terre et où la carte n’est pas toujours f iable représente un bon dé f i. Le GPS m’a été bien utile lors de mes débuts! L’une des raisons pour laquelle la région est désignée par l’Unesco est que le delta est un point d’arrêt important pour les oiseaux migrateurs. Lors de leur migration, le delta leur offre de grands espaces où se reposer et se nourrir avant de continuer. Il peut y avoir jusqu’à 400 000 oiseaux qui y passent chaque printemps et voler à basse altitude durant la migration est toujours un dé f i important. J’essaye de rester un peu plus haut, mais ce n’est pas toujours facile à faire. Pour terminer sur le sujet, je me dois de parler des risques que le delta subit. La rivière de la Paix, qui est la principale source d’eau au printemps, a des barrages hydroélectriques à sa source. Depuis la construction des barrages dans les an- nées 60, le delta semble avoir des périodes prolongées de sé- cheresse. Le lien n’est pas certain mais semble probable. Les sables bitumineux représentent un autre facteur de risque pour la région. La rivière Athabasca passe au centre de la ré- gion d’exploitation et est donc sensible aux déversements de contaminants. Vu que le delta fonctionne comme une éponge, si un déversement majeur advenait, les dommages pourraient être importants et dif f iciles à nettoyer. Je remercie les gens de Parcs Canada, car ayant perdu mon té- léphone qui contenait les photos pour cet article, ils me les ont gracieusement fournies! Q

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