V26N5

L’annotation VFR OTT semble être un bon outil pour les pilotes, mais, avant de passer à cette étape supérieure, il faut bien connaître les minimums météo requis. Certains pilotes croient que le VFR OTT leur permettra de voler au-dessus des nuages et plus, mais c’est beaucoup plus compliqué que ça. Avant 2019, un pilote VFR OTT ne pouvait pas décoller si le plafond à destination était couvert ou frag- menté à, par exemple, 20 000 pieds ! En 2019, TC a corrigé le tir en précisant : il n’y a pas de couche fragmentée, couverte ou obscurcie à moins de 3 000 pieds au-dessus de l’altitude de vol prévue. Par exemple, si vous plani f iez un vol à 6500 pieds, alors la couverture de nuage ne doit pas être fragmentée (5/8 à 7/8), couverte (8/8) ou obscurcie à moins de 9500 pieds. Aussi, avant de monter au-dessus des nuages, le pilote doit respecter tous les minimums du VFR. Donc, même si vous vous souvenez de tous les minimums dé- crits ci-dessus (bravo !), comment faites-vous pour mesurer les 5/8, 500, 1000, 2000, 5000 pieds et les 1, 2, 3 et 5 milles ? Qui peut garantir l’exactitude de ses estimations ? Que faites-vous si la distance entre 2 couches diminue à 4000 pieds et que la visibilité diminue à moins de 5 milles ? Suppo- sons que vous preniez la décision de faire demi-tour et que la situation est pire derrière que devant ! Que direz-vous à TC, au BST et à vos assurances si vous deviez demander l’aide de l’ATC pour vous sortir du pétrin, ou pire, si votre aéronef n’avait pas la même allure qu’au départ ? Le VFR OTT requiert un minimum de 15 heures d’entraîne- ment de vol aux instruments en duo. Si vous voulez voler VFR OTT la nuit, vous aurez besoin d’un autre 10 heures minimum duo, donc 25 heures duo, pour voler VFR OTT la nuit. L’anno- tation IFR demande un minimum de 45 heures. Vous vous en- traînez à voler à l’aide de vos instruments a f in que, si un jour vous pénétrez un nuage, vous soyez capable d’en ressortir élé- gamment, mais, en général, vous ne pratiquerez jamais et en surcroit ne serez probablement jamais entré dans un nuage de votre vie, car l’instructeur qui vous aura montré n’avait pro- bablement pas la quali f ication IFR pour entrer dans les nuages. Toutes les organisations (BST, TC, FAA, EAA, etc.) pré- conisent d’utiliser tous les outils que vous possédez, MAIS vous n’avez pas le droit de vous en servir (entrer dans un nuage). Je peux vous garantir que de pratiquer le vol aux ins- truments avec des lunettes réduisant le champ de vision ou sur un simulateur de vol n’est pas du tout la même expérience que de rentrer dans un nuage. Alors, pourquoi ne pas s’entraîner 25-30 heures et obtenir le droit de voler dans un nuage, au-dessus d’un nuage ou de s’en rapprocher de jour et de nuit ? Je pense que si TC créait une annotation incluant ces privilèges, on pourrait augmenter la SÉCURITÉ et L’UTILITÉ de nos aéronefs, on n’aurait pas besoin de se souvenir de tous les minimums du VFR et d’essayer d’es- timer toutes ces distances. Qu’en pensez-vous ? André Durocher info@pontiacairpark.com • Volume 36 Numéro 5 35 L’annotation VFR OTT, cet incompris Adapté d’un texte d’André Durocher

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