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JUILLET / AOÛT 2022 72 L e Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités de la Chambre des communes a entrepris ce printemps une étude « sur les moyens de réduire les formalités administratives et les coûts dans les aéroports canadiens ruraux et urbains a f in de rendre le transport aérien plus abordable et accessible ». Nous saluons cette initiative, car il y a eu trop peu d'études en comité sur les façons d'aider l'aviation àmieux servir les voyageurs canadiens. L’objectif premier des deux dernières années était de traverser la pandémie alors que maintenant nous misons sur la relance dans un contexte socio-économique complètement changé où le comportement des consommateurs a été modi f ié à jamais. Non seulement est-il extrêmement dif f icile de prévoir la demande fu- ture en transport aérien, mais notre industrie et le public voya- geur font face à des augmentations de coûts qui pourraient complètement modi f ier la demande pour nos services. Des services gouvernementaux inef f icaces, auMinistère, à la sé- curité des aéroports et aux douanes, ne font qu'ajouter au chaos. Le fait que le Canada ait accusé un sérieux retard sur le monde en ce qui concerne l’allègement des mesures de santé publique n'aide certainement pas à créer les conditions gagnantes néces- saires pour la relance. A f in de limiter les séquelles graves à l'industrie du transport aé- rien et contribuer à la relance postpandémique, le gouverne- ment doit changer son attitude envers l’aviation commerciale au Canada. La première chose à faire est de cesser de traiter l'in- dustrie du transport aérien différemment de tous les autres modes de transport au Canada. Le gouvernement doit cesser de considérer l'industrie du trans- port aérien comme une source de revenus. Aucun autre mode de transport n'est grevé comme l'industrie du transport aérien. Pourquoi, d'une part, le gouvernement tire-t-il plus d'unmilliard de dollars par an de frais et redevances de l'aviation imposés à aucun autremode de transport et, d'autre part, f inance le trans- port ferroviaire de passagers à hauteur de centaines demillions de dollars. Le nombre total de passagers de VIA Rail en 2020 était de 1,15 million, soit une baisse de 75 % par rapport à 2019, semblable au pourcentage de perte de passagers du transport aérien au cours de lamême période. Pourtant, VIA Rail a reçu des subven- tions d'exploitation et d'immobilisations de 669millions de dol- lars en 2020, soit 582 $ par passager. En période prépandémique, VIA Rail transportait moins de 5 millions de passagers par année contre près de 150 millions de passagers dans l'aviation. On pourrait facilement conclure que l'aviation subventionne le rail dans ce pays. Pour limiter les dommages à long terme à l'industrie aérienne, le gouvernement du Canada doit mettre enœuvre les dix recom- mandations suivantes : 1. Cesser d'utiliser l'aviation comme source de revenus. 2. À défaut de ça, le gouvernement doit aumoins réinvestir dans l’aviation les revenus générés par les frais et redevances prove- nant du secteur. 3. Considérer l'aviation régionale comme un lien vital dans la connectivité du Canada. 4. Investir dans l'infrastructure aérienne régionale et nordique, car le modèle utilisateur-payeur ne peut tout simplement pas soutenir les opérations dans ces régions qui dépendent presque entièrement de l'aviation. Non seulement les aéroports éloignés et nordiques offrent un lien socio-économique vital avec le reste du Canada, mais ils jouent un rôle-clé dans le rabattement de passagers internationaux à destination et en provenance d'au- tres aéroports au Canada. 5. Établir un programme de f inancement soutenu par le gouver- nement fédéral pour tous les étudiants qui fréquentent des éta- blissements d'enseignement désignés offrant une formation professionnelle en pilotage ou des établissements postsecon- daires offrant des programmes de technicien d'entretien d'aé- ronefs approuvés par Transports Canada et accrédités par les lois provinciales. Cela aiderait à attirer un nombre accru d’élèves-pilotes et de stagiaires enmaintenance désespérément nécessaires pour faire face aux pénuries qui frappent déjà à nos portes. 6. Le ministre de l'Immigration devrait corriger l'arriéré et le traitement des visas d'étudiants et des permis de travail dans le monde de l'aviation. 7. Privatiser l'ACSTA sans frais pour l'industrie du transport aé- rien ou ses passagers. En d'autres termes, abandonner l'idée d'imposer un prix de 600millions de dollars pour des actifs déjà payés à maintes reprises au f il des ans par les passagers par le biais duDroit pour la sécurité des passagers du transport aérien. 8. Considérer NAV CANADA comme un service essentiel et la soutenir f inancièrement si elle subissait une autre baisse catas- trophique de ses revenus en raison d'une crise nationale plutôt que de l'obliger à augmenter les redevances aux transporteurs aériens. 9. Au lieu de dépenser de l'argent dans des projets politiquement motivés tels que le train à grande fréquence que les volumes de tra f ic ne justi f ieraient jamais ni ne soutiendraient f inancière- ment, le gouvernement doit développer en coopération avec l'in- dustrie une politique nationale de transport aérien axée sur l’intermodalité. Une telle vision stratégique durable serait béné- f ique à la fois pour l’économie, la connectivité et l’environne- ment. 10. Gardez à l'esprit que le transport aérien est désormais un mode de vie, en fait un moyen de survie pour plusieurs, pas un luxe mais un catalyseur économique. Q DÉBATS Rendre le transport aérien plus abordable et accessible John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC

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