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brutal de l’aéronef au milieu du f leuve. Dans les jours qui suivent, Lesh commet l’erreur de vou- loir réparer le planeur abimé qui a séjourné dans l’eau, tout lui en apportant plusieurs modi f ications. Dix jours plus tard, le 31 août, l’aéronef re- cyclé est jugé prêt à repren- dre l’air. Cette fois, comme l’explique Lesh avec humour, c’est un désastre total : « Cette machine vola sur une distance 100 pieds durant cinq secondes, au cours desquelles se retrouvèrent condensées les pires émotions qu’on puisse ressentir durant une vie entière de voyage aérien. La traction était fournie par un cheval au galop, et comme il ventait assez fort ce jour-là, la machine s’éleva très rapide- ment, puis piqua brusquement, au point que l’aviateur s’avéra incapable de la maintenir en équilibre. À un moment des plus inopportuns, le cheval se retourna pour voir ce qu’il tirait. Et, à l’évidence, il en déduisit qu’il était pour- suivi et donc qu’il était en droit de voir à ses propres intérêts. Sa décision prise, il prit le mors aux dents et la tension engen- drée s’avéra excessive pour la fragile structure de l’aéroplane. Le planeur se replia comme un couteau de poche, piquant droit au sol. Chaque tige et hauban de la structure vola en éclat sous l’impact, mais l’aviateur sortit de l’accident sans une égratignure. Ce fut une secousse incroyable cependant et une leçon qu’il n’était pas prêt d’oublier ». Nullement échaudé, Lesh poursuit ses tra- vaux avec un nouveau planeur. Cette fois, le cheval collabore et une quarantaine d’envo- lées sont exécutées en septembre. Ce deuxième prototype incorpore plusieurs innovations, dont un système d’ailerons (une première en Amérique). L’année suivante, Lesh élabore un troisième prototype, doté d’ailes décalées (staggered wings), lui donnant une allure net- tement futuriste. Décrit par la presse new-yorkaise comme « le champion mondial du planeur », l’adolescent est invité par la société aéronautique de New York comme tête d’af f iche de son premier pageant aérien, tenu le 3 novembre 1908. Toute- fois, l’appareil ne peut pas être testé avant le grand jour (au grand désarroi de Chanute). Après un premier vol plutôt réussi (lancé par une automobile et détaché en vol pour f inir en mode plané), le prototype re- décolle, mais s’écrase violemment devant des milliers de per- sonnes. Rafale de vent, pro- blème de point d’attache, foule désordonnée sont invoqués pour expliquer l’accident. S o u f f r a n t d’une fracture ouverte à la jambe, l’adolescent est admis à l’hôpital. Au terme de quatre opérations et d’une convalescence de près d’un an, Larry reprend graduellement ses activités, retourne vivre aux États-Unis et devient ingénieur aéronautique. La vie de Laurence J. Lesh a fait l’objet d’un livre écrit par l’au ­ teur de ces lignes, intitulé « Un gamin dans le ciel — Larry Lesh — The Flying Lad » (édition bilingue). • Volume 36 Numéro 4 31 Planeur no 2. Photo signée par Lesh, avec la mention : « 3 secondes avant l’accident ». Planeur no 3 lancé par une automobile. Foule enthousiaste accourant de partout. Croquis de l’envolée, dessiné par Lesh. Lesh s’accrochant pour ne pas tomber dans le vide...

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