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SEPTEMBRE / OCTOBRE 2021 63 DÉBATS L’aviation - pas un enjeu électoral de taille au Canada John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC L a décision du gouvernement de ne pas aider les transpor- teurs aériens régionaux pendant cette pandémie dévasta- trice a clairement démontré que l'aviation n’est pas un enjeu électoral de taille au Canada. Il est indéniable que le Programme canadien de subvention salariale d'urgence a aidé les exploitants aériens canadiens à survivre f inancièrement, mais l'absence de soutien f inancier direct au secteur de l’aviation a sérieusement menacé la com- pétitivité de notre industrie et compromis sa capacité de re- bondir alors que la pandémie recule. Le gouvernement a été inexcusablement lent à approuver et soutenir les efforts de rétablissement élaborés conjointement par l'industrie et Transports Canada. Critiqué au début de la pandémie pour avoir tardé à mettre en place des contrôles sa- nitaires pour les voyageurs aériens entrants, ce gouvernement a été ensuite réprimandé par nos principaux partenaires com- merciaux européens pour la lenteur de la mise en place de me- sures sanitaires ef f icaces pour accueillir les voyageurs internationaux. Dans cette situation de gouvernement minoritaire avec une élection à l’horizon, l'agenda électoral domine toutes les déci- sions au détriment d'une économie qui peine à se redresser. La Prestation canadienne d'urgence (PCU) est un bon exem- ple. Bien que ce programme ait certainement aidé de nom- breux Canadiens à rester solvables lors de son introduction, sa prolongation au-delà du printemps dernier nuit sérieuse- ment à la capacité des employeurs canadiens à réengager la main-d'œuvre nécessaire pour relancer l'économie. Des en- treprises partout au Canada ont dû réduire leur production ou leurs heures d’ouverture en raison de la pénurie de main- d'œuvre disponible. Les opportunités d'emploi ne manquent pas au Canada en ce moment, donc prolonger ce programme s’avère une manœuvre purement électorale. Cela étant dit, l'industrie de l'aviation est heureuse de recon- naître que tout au long de cette pandémie, nous avons trouvé un allié précieux en Transports Canada. Le ministère a fait preuve d'un réel souci et d'une grande f lexibilité pour main- tenir l’aviation canadienne opérationnelle pendant une pé- riode très dif f icile. Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a manifesté une véritable volonté d’aider notre secteur à sur- monter cette pandémie débilitante. Malheureusement, Trans- ports Canada et son nouveau ministre ne sont manifestement pas des acteurs clés dans le processus décisionnel du gouver- nement. Le secteur du transport aérien est laissé entre les mains de personnes et d'organisations qui, si bien intention- nées qu’elles puissent être, ne comprennent absolument pas les conséquences à court et à long terme de leurs décisions sur notre industrie. Depuis plus de 18 mois maintenant, l'industrie du transport aérien attend patiemment que le gouvernement dépose un plan stratégique de relance qui comprend des dates provi- soires de mise en œuvre f ixées en collaboration avec l'indus- trie. Trop souvent, les décisions clés concernant les restrictions de voyages aériens ont été partagées avec les transporteurs à la dernière minute, sans véritable consultation avec les responsables de leur mise en œuvre. Il est devenu très clair que les décisions sont prises au sein d'un cercle rapproché du bureau du premier ministre et de Santé Canada, et que Transports Canada ne reçoit que des in- formations limitées plutôt que d'être invité à participer au processus décisionnel en tant que partenaire clé. Bien que certains secteurs de l'industrie de l'aviation aient été moins négligés, car considérés politiquement stratégiques, dans l'ensemble, le gouvernement a complètement mis de côté toute idée d'aider l'aviation régionale du Canada et l’a laissée pour compte, quelles qu’en soient les conséquences pour le réseau régional et le bien-être socio-économique du pays. Les plus gros transporteurs se sont également retrouvés avec un plus lourd fardeau d’endettement plutôt que soutenus f inan- cièrement sous forme de subventions ou de prêts sans intérêt tels qu’accordés par la plupart de nos importants partenaires commerciaux à leurs transporteurs aériens. Cette approche du gouvernement canadien entrainera inévitablement des coûts de transport aérien plus élevés pour le consommateur canadien. Il est également regrettable, voire honteux, que le gouverne- ment n'ait pas soutenu f inancièrement NAV CANADA pendant cette crise. Le contrôle du tra f ic aérien est un service essentiel qui assure la sécurité de tous les voyageurs aériens. Refuser l'appel à l'aide au motif que NAV CANADA est une entité privée d’utilisateur-payeur est une grave erreur f inancière et un sé- rieux manque à la sécurité qui auront une incidence sur toutes nouvelles initiatives de privatisation du gouvernement. Le moins que le gouvernement devrait faire à ce stade est de commencer à payer des redevances de navigation aérienne pour les aéronefs gouvernementaux et militaires tous exoné- rés de payer et donc subventionnés par le secteur privé. Il ne devrait vraiment y avoir aucun doute que le gouverne- ment détient une large part de responsabilité du fait que le transport aérien au Canada est dispendieux et dif f icilement accessible dans de nombreuses régions. Les électeurs cana- diens garderont cela probablement à l'esprit lorsqu'ils seront appelés à voter. Q

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