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MAI / JUIN 2021 64 C ette année, le Sommet annuel sur l’aviation de la Chambre de commerce des États-Unis avait comme thème « la relance du transport aérien ». Les che f s de file des industries américaine et internationale du transport aérien ont identifié des éléments essentiels à la reprise de notre secteur. Aux États-Unis, où le nombre de passagers ne rejoint pas la barre de 60 % du trafic de 2019 et où les transporteurs ont brûlé 100millions $ par jour lors du premier trimestre de 2021, l’espoir se limite à retrouver un niveau d’activité soutenable d’ici l’automne 2021. Les aéroports, pour leur part, ne s’attendent pas à revenir aux niveaux de 2019 avant cinq à sept ans. Les questions au Sommet portaient sur l’identification d’élé- ments essentiels à la reprise du secteur du transport aérien. La nécessité de rouvrir la f rontière entre le Canada et les États- Unis, les passeports numériques pour la santé, l’engagement de l’industrie à réduire ses émissions nettes de carbone d’ici 2050 et l’impact de l’amélioration de la technologie des réunions en ligne sont autant de préoccupations soulevées par les leaders de l’industrie. Tous ont toute f ois convenu que tout e ff ort de relance de notre industrie doit nécessairement inclure le rétablissement de la confiance des passagers dans le transport aérien. À cet e ff et, le rapport récemment publié par la célèbre Harvard T.H. Chan School of Public Health a été cité comme un cadre solide pour le rétablissement. Rédigé en coopération avec le Center for Public Leadership de la Harvard Kennedy School of Government , le rap- port met l’accent sur les stratégies et les tactiques visant à ré- duire les risques de transmission de virus pendant le transport aérien. Ce rapport est le résultat de l’Initiative de santé publique de l’aviation (ISPA). Ses conclusions et recommandations sont f on- dées sur la science et concluent que la con f ormité intégrale d’une approche à plusieurs niveaux, qui comprend l’éducation et la sensibilisation, le dépistage, la distanciation sociale, la ges- tion des processus, l’équipement de protection personnelle et la ventilation porte-à-porte, réduit le risque de transmission à bord des aérone f s en deçà de celui d’autres activités courantes pendant la pandémie, comme f aire l’épicerie ou sortir au res- taurant. L’ISPA a regroupé une équipe de pro f esseurs et d’associés de la Harvard School of Public Health , y compris des spécialistes de l’environnement, des maladies in f ectieuses, de l’hygiène médi- cale, industrielle, épidémiologique et des spécialistes des sciences sociales. « Le projet est né de l’intérêt de l’industrie aé- ronautique à la f ois pour réduire les risques de ... transmission de maladies et de revigorer en toute sécurité les opérations au milieu de la pandémie mondiale. Le projet de l’APHI a adopté une approche des systèmes en ma- tière d’évaluation des problèmes et de création de solutions, f ai- sant appel à un large éventail d’éléments clés de l’industrie aé- ronautique. L’objecti f était de « f ormer une compréhension complète de l’intersection entre la transmission scientifique (du virus) et les opérations dans le milieu de l’aviation » en f ormu- lant une vaste analyse des options disponibles pour atténuer et réduire le risque de COVID-19 et de ses variantes au sein du sys- tème d’aviation. Le rapport a été dévoilé en deux phases. Le rapport Porte-à- Porte, présenté dans la phase, 1 était double : 1) Comprendre la dynamique introduite par la présence potentielle du virus dans l’espace confiné d’un avion de passagers commercial; et 2) Recommander des mesures et des stratégies pour réduire et atténuer le risque de transmission à bord de l’aérone f pendant la croisière ainsi qu’à l’embarquement et au débarquement. Les actions et stratégies recommandées s’appliquent aux ex- ploitants de compagnies aériennes et reposent de f açon critique sur les comportements et les actions des équipages de cabine, des employés d’aéroports, du personnel de nettoyage et des voyageurs qui, ensemble, protègent contre la transmission de maladies. La Phase deux du rapport établit deux listes de vérifications pour aider les voyageurs, les employés de l’aéroport et l’équi- page. La première, Liste de contrôle COVID-19 pour les voya- geurs et les employés d’aéroport, énumère dix rappels de comportement avant d’arriver à l’aéroport et sur place. La se- conde, Liste de vérification pour passagers et membres d’équi- page, suggère dix autres rappels de comportement à bord de l’avion. Le rapport suggère des stratégies comportementales pour amé- liorer la sécurité de la santé publique de l’aviation. Ses re- cherches soutiennent que la transmission du virus s’intensifie ou diminue, en partie, en f onction du comportement humain. Le gouvernement canadien et l’industrie doivent adopter une approche positive pour rétablir la confiance des voyageurs dans le transport aérien si notre industrie veut se remettre. Suivre les conseils et recommandations du rapport de l’Université Har- vard aiderait à fixer un cap. Au Canada, les restrictions actuelles sur le transport aérien, considérées comme les plus sévères par l’Association interna- tionale du transport aérien, a ff aiblissent sérieusement la com- pétitivité de nos transporteurs vis-à-vis les transporteurs américains et internationaux. Les transporteurs canadiens n’ont pas bénéficié de l’appui du gouvernement dont jouissent les transporteurs de tous les pays du G7, sau f un. Les transporteurs canadiens, dont la résilience est poussée à l’extrême, se souvien- nent de la célèbre citation d’Henry Ford : « Quand tout semble être contre vous, rappelez-vous que l’avion décolle contre le vent, pas avec lui. » Q OPINION La science au secours du transport aérien John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC

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