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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2020 57 OPINION L’industrie canadienne du transport aérien a besoin de plus que les promesses du discours du Trône L ’ Association du transport aérien du Canada (ATAC) et ses 175 membres et partenaires de l’industrie saluent l’engagement du gouvernement dans le discours du Trône concernant le soutien à l’aviation régionale au Canada. Ayant dû procéder à des dizaines de milliers des mises à pied, nous avons lancé un appel au gouvernement pour qu’il appuie l’indus- trie canadienne de l’aviation qui opère maintenant à des niveaux inférieurs à 85 % plus bas que l’an dernier et le nombre de pas- sagers est réduit de 94 %. Les coûts fixes élevés et une activité considérablement réduite exercent une pression sur nos opéra- teurs qui n’est plus soutenable. Nous souhaitions vivement que les engagements pris dans le dis- cours du Trône se traduisent rapidement par des gestes concrets de soutien à notre industrie. Le soutien fédéral et provincial dé- montré jusqu’à maintenant à certains segments de notre industrie, en particulier dans le Nord, a été grandement apprécié. Toutefois, de nombreuses autres régions du Canada dépendent des services aériens régionaux pour leur survie socioéconomique. Il reste enc re beaucoup à faire L’ATAC a également demandé au gouvernement fédéral de faire preuve de leadership et de coordonner avec les provinces l’élimi- nation des restrictions relatives au transport aérien qui diminuent grandement la capacité de notre industrie de se remettre sur pied. La solution est la promotion et l’élaboration d’un protocole d’essai rapide qui peut être utilisé dans l’ensemble du secteur de l’aviation partout au Canada. Cela faciliterait la suppression des règles de quarantaine pour les voyages à destination internationale et à l’in- térieur du Canada. Le soutien à l’industrie du transport aérien va au-delà de l’aide fi- nancière. L’ATAC a rencontré des hauts fonctionnaires de Transports Canada à de nombreuses reprises pour discuter de l’impact dévastant de la COVID-19 sur notre industrie. L’un des principaux points de discussion est toujours le report des modifi- cations réglementaires sur la gestion de la fatigue des pilotes au moins jusqu’à ce que la COVID-19 ait été traitée et que l’industrie se soit considérablement rétablie. Le calendrier d’implantation de ce nouveau règlement très com- plexe et coûteux nuit à la capacité de nos membres de se remettre de la pandémie et à l’efficacité des mesures gouvernemen- tales mises en place pour limiter la propagation du virus. L’ATAC n’a cessé de préconiser des mesures d’allégement raison- nables et logiques du nouveau règlement pour au moins un an. Malheureusement, Transports Canada ne semble pas disposé à considérer les nombreuses demandes valides de l’industrie en ma- tière d’allégements de ce nouveau règlement qui entre en vigueur le 12 décembre 2020 pour les exploitants du RAC 705. De toute évidence, le ministre Garneau ne permet pas à l’aviation civile d’être flexible en ce qui a trait aux délais de mise en œuvre de ce règlement, même si notre industrie et l’économie en général souf- frent à un degré jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous demandons instamment au premier ministre, au vice-pre- mier ministre et au ministre des Finances, ainsi qu’au ministre Garneau, de reconnaître les répercussions dévastatrices sur les marchés importants que nous desservons et de revoir sans tarder cette échéance déraisonnable et ainsi aider l’aviation commerciale à assumer pleinement son rôle de catalyseur socioéconomique, un rôle sur lequel toutes les régions de notre vaste pays comptent. Le gouvernement doit comprendre que : • Les exploitants font leur possible pour respecter la date limite du 12 décembre 2020 pour la mise en œuvre du nouveau règle- ment sur la gestion de la fatigue. • Ce travail a été effectué malgré le fait que Transports Canada n’avait pas fourni l’option du Système de gestion des risques de fa- tigue (SGRF) pourtant promise par le ministre Garneau. • Transports Canada n’a publié les documents d’orientation requis pour le règlement normatif qu’en juillet dernier. La pandémie a un impact direct sur notre capacité de respecter la date limite du 12 décembre, notamment en raison des éléments suivants : • La situation financière tendue des intervenants de l’aviation par- tout au Canada. • Le manque d’accès aux fournisseurs de logiciels, en particulier ceux situés à l’extérieur du Canada. • L’absence de nouveaux pilotes formés adéquatement sur les types d’aéronefs afin de répondre au nombre supplémentaire de pilotes requis en raison du nouveau règlement sur la fatigue des pilotes. • Les difficultés à ce que les pilotes actuels maintiennent leurs com- pétences sur les simulateurs en raison de problèmes d’accessibi- lité, en particulier les simulateurs situés à l’extérieur du Canada. Les principaux marchés souffriront de l’incapacité des exploitants aériens à fonctionner pleinement en vertu de ces nouvelles régle- mentations, surtout si le Canada subit encore les effets de la COVID, incluant : • Les collectivités du Nord; • Les communautés éloignées; • Les voyages à faible coût; • Les voyages d’agrément internationaux soutenant le tou- risme; • Le secteur des ressources naturelles. Alléger ces nouveaux règlements sur la fatigue des pilotes n’impute aucun coût pour le gouvernement, mais un tel geste serait d’une grande aide pour notre industrie en cette période particulièrement difficile. Q John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC
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