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ÉTÉ 2017

32

Voile

par Louis Charbonneau

voileevasion@yahoo.ca www.voileevasion.qc.ca

Mouiller l'ancre et quitter

le mouillage sans moteur

Belle journée de voile! Il est temps d’aller mouiller l’an-

cre dans un abri, question d’y passer la nuit. Le capitaine

repère un endroit à l’abri du vent, les profondeurs sont

bonnes, il semble y avoir l’espace requis pour être ac-

cueillis. On se prépare, tous à poste. Le moteur ne dé-

mar re pas , que l ques v i remen t s de bord pour

vérification.

Ce sera un cas de mouillage à la voile. La chance semble de

leur côté, tout pour la faisabilité de la manœuvre : le vent

est de la bonne direction. Il perdra sa force aussitôt arrivés

à la pointe d’entrée. Le relief est de bonne hauteur et ce sera

plus calme. Les tâches sont attribuées : l’un au génois, l’autre

au mât pour la grand-voile, un troisième à placer l’ancre en

position d’être mouillée, la chaîne dans le chaumard à poulie.

Le barreur, un oeil sur le profondimètre; l’autre à l’horizon

se dirige vers le seul espace disponible... Des têtes inquiètes

apparaissent sur les bateaux déjà à l’apéro...

Ça y est, c’est maintenant : « rentre le

génois! ». Le voilier modère comme

prévu. Le barreur dirige son bateau suf-

fisamment en aval de l’emplacement

prévu; il ordonne d’affaler la GV. Ça

donne une chance au voilier d’être im-

mobile quand l’ordre de mouiller sera

donné, ce qui empêche l’ancre de culbu-

ter. Le vent fait culer le voilier, l’ancre

croche et on donne suffisamment de

chaîne pour qu’il ne chasse pas et pas

trop pour éviter les autres bateaux, en

espérant que les autres n’aient pas exa-

géré leur touée.

Peut-être que le capitaine pourra régler

le problème de moteur, l’aide d’un autre

capitaine... Niet! C’était la pompe à...

Faudrait pas que le vent change durant

la nuit (nous y reviendrons dans un au-

tre article)! Contentons-nous de voir

comment notre capitaine s’en tirera le

lendemain pour quitter la baie à la voile.

Le lendemain matin, notre capitaine avait tout le temps

voulu pour revoir avec son équipage cette manoeuvre qu’on

lui avait montrée. Quitter le mouillage à voile demande

d’abord de vérifier si c’est faisable. Vérifier la position des

bateaux autour, suffisamment d’espace et de profondeur

pour manœuvrer, un bon (ni trop de) vent... il s’est assuré de

fermer les écoutilles, de planifier une belle synchronisation

entre le barreur et les équipiers : à la GV, à la roue, à la voile

avant et à l’ancre. Il faut hisser la GV avant de travailler l’an-

cre. Elle se comportera comme un drapeau et ne fera pas

avancer le bateau tant et aussi longtemps que l’ordre de la

mettre en service sera donné. Un équipier à l’ancre sera

placé en position pour la lever. Le barreur donne l’ordre de

border la GV et le bateau avance doucement sur un côté;

l’équipier rentre la chaîne au fur et à mesure. Aussitôt que

le bateau prend un peu de vitesse, le patron donne un coup

de roue, ramène le bateau nez au vent et prend un peu de

vitesse sur l’autre amure, revient nez au vent... La manoeuvre

s’effectue comme prévu, sauf qu’à la

dernière minute le voilier part du mau-

vais bord et s’engage vers la côte.

Attention aux profondeurs! Ni une ni

deux, le barreur donne un coup de

barre, ordonne de mettre le génois à

contre, fait choquer la GV au maximum

et part vent arrière... Oups! Il y a un ba-

teau! Ordre de l’empannage : « Garde la

GV bien bordée au près! », question de

se placer vent de travers. Le génois est

bordé en fonction de la nouvelle allure

et le bateau prend de la vitesse. Il est

manoeuvrant et les bateaux sont évités.

Le voilier sort de la baie. La manoeuvre

est réussie. Le capitaine n’a même ja-

mais eu le temps de s’apercevoir que les

équipages des autres bateaux sem-

blaient inquiets. L’histoire ne dit pas

comment ils sont rentrés à la marina. Ce

sera pour une prochaine.

L’équipage prépare la manœuvre.

Le foc à contre permet de faire

tourner le bateau plus rapidement.

Le génois bordé donne

la vitesse nécessaire

à la manœuvre.

En bordant la GV, le voilier

avance sur son ancre.