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• Volume 39 Numéro 6 38 Par Laurie Dugas Martin Leroux : Entre rêve et passion, une vie portée par l’aviation Parcours d’un passionné qui a choisi les airs au lieu de l’héritage fa- milial. De la maquette en bois au cockpit du Challenger, du désert marocain aux pistes du Québec, Martin Leroux trace une trajectoire unique, entre ingénierie, marketing, pilotage et transmission de con- naissances. Un enfant qui regardait les avions… et qui a décidé d’en faire sa vie Pour certains, l’aviation est unmétier. PourMartin Leroux, c’est un f il conducteur, une vocationnée bien avant l’âge adulte. Tout commence vers l’âge de 8 ou 10 ans, lorsqu’un Canadair Challenger effectue une démonstration au-dessus du Grand Prix de Formule 1, sous les yeux ébahis du jeuneMartin. Quelquesmoments plus tard, Martin regarde en famille à la télévision le documentaire « Le Challenger, un dé f i in- dustriel » et est fasciné par le travail des ingénieurs. Le vrai dé- clencheur, c’est quand le prototype du Challenger est venu survoler à très basse altitude le champoùMartin jouait. Le souvenir est resté in- tact, au point de devenir un repère. « C’était un moment magique. Je me suis promis que je deviendrais ingénieur et pilote d’essai chez Canadair », con f ie-t-il. Né dans une famille d’entrepreneurs automobiles de la Rive-Nord de Montréal, Martin aurait punaturellement prendre la relève. Mais déjà, le bruit d’un moteur d’avion avait plus d’écho en lui que celui d’une automobile. Aidé par son père, il fabrique son premier avion radio- commandé dès l’âge de 12 ans. À 17 ans, Martin débute sa formation de pilote privé chez Perfecair à l’Aéroport deMascouche, où il fait son premier vol solo en 1988. « J’ai faitmonpremier solo en avion avant d’avoirmonpermis de conduire de voiture. J’allais à l’aéroport en vélo prendre mes leçons de pilotage ! » Des études d’ingénieur, un détour par le marketing, mais tou ‐ jours l’aviation Martin Leroux entame un DEC en fabrication aéronautique à l’ÉNA en 1987, suivi d’un diplôme d’ingénieurmécanique à l’ÉTS. Plus tard, il ajoutera un diplôme enmarketing. Il intègre Bombardier Aéronau- tique en 1996 comme ingénieur manufacturier, réalisant un rêve de longue date. « Lors dema première semaine, sans demander l’autori- sation, j’ai monté dans le poste de pilotage d’un Challenger. J’ai pu f i- nalement “être aux commandes” de l’avion sur lequel j’avais fantasmé enfant. Ce fut unmoment fort. » Enparallèle à son travail, il entame sa formationde pilote profession- nel. « Au travail, j’ai gagné la chance de faire un vol sur le “jump seat” d’un CRJ200 avec les pilotes d’essai de Bombardier. Ça m’a motivé pour poursuivre ma formation de pilote ». Il travaille notamment sur la production du CRJ200 et le développe- ment du CRJ700, puis bifurque vers le marketing d’avions régionaux à Toronto. Ce virage s’impose comme une révélation. Fils d’un com- merçant, il sent que le volet business de l’aviation lui offre une nou- velle perspective : voyager, rencontrer, convaincre. Il contribue à des campagnes de ventes en Afrique et en Europe, jusqu’à ce que les at- tentats du 11 septembre 2001 viennent tout bouleverser. Le rêve d’une longue carrière chez Bombardier s’est terminé. Il se rappelle : « Je devais partir cette journée-là en Algérie supporter une démons- tration de Dash 8 dans le Sahara ». Martin à 14 ans avec son avion radiocommandé, Club Mars R/C, Lachenaie — 1984 Chez Bombardier —L’Équipe d’industrialisation du Fuselage Avant, CRJ700 premier prototype, Dorval, 1998 Chez Bombardier —L’Équipe Méthodes d’assemblage devant le premier CRJ700, Dorval 1999

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