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• Volume 36 Numéro 4 47 Il était une fois… une piste d’avion à Causapscal ! L’année 2022 est spéciale pour ma communauté. Entouré de collines verdoyantes, cœur touristique de la vallée de la Mata- pédia, le pays du saumon, notre magni f ique petite ville fête ses 125 ans ! Coïncidence extraordinaire, c’est également le soixantième anniversaire de la création de notre aéroport. Bon, l’appellation « d’aéroport » est un peu prétentieuse, mais c’est tout de même une piste active qui perdure dans le temps. Cette combinaison d’anniversaires me donna l’idée de faire un peu de publicité pour mon coin de pays… L’histoire de l’aérodrome débute en février 1961. À cette époque, la ville de Causapscal est en plein essor. Visionnaire, le conseil municipal vota la construction d’un aéroport sur un terrain au sud de la ville, dans le but d’aider au développement et à l’industrialisation de la région matapédienne. Les travaux ne tardèrent pas et l’inauguration eut lieu en juin 1962. Soit, il y a tous justes 60 ans au moment où vous lirez ces lignes ! L’aéroport a été bâti dans une boucle de la rivière Matapédia, à 5 km de la ville. Outre une piste en gravier de 3000 pieds de long par 75 de large, les installations comprenaient un tarmac et une bâtisse en bois faisant of f ice d’aérogare. Alignée nord- sud (03-21), elle offre un panorama splendide en approche avec la rivière qui serpente à proximité. Malheureusement, l’aéroport ne parvint jamais à prendre vé- ritablement son envol. Dans les années 70 et 80, quelques aé- ronefs privés y sont basés. La piste est utilisée à plusieurs reprises comme base pour le combat contre la tordeuse d’épi- nettes, et à quelques occasions par les appareils de la SOPFEU, mais le manque d’argent pour ajouter des infrastructures es- sentielles (carburant, météo, radio, déneigement, éclairage) condamne tout développement majeur. Néanmoins, aujourd’hui comme hier, des aéronefs commer- ciaux nolisés viennent de temps à autre pour déposer et re- prendre des passagers (principalement des pêcheurs). Quelques voyageurs privés y atterrissent aussi parfois. La piste conserve son statut d’aérodrome of f iciel aux yeux de Trans- port Canada (CTF3). Ainsi, les informations la concernant f i- gurent dans la Supplément de Vol (CFS). L’état de la piste est acceptable. Le foin et l’herbe qui pousse se mêlent au gravier, mais la piste reste toujours parfaitement droite et plane. Le balisage (non lumineux) a été refait en par- tie par un bénévole il y a quelques années. L’aéroport f igure également sur la liste des sites se prêtant bien à l’Aéro-Camping. Cette liste, dressée par mon collègue chroniqueur Jean-Pierre Bonin, est disponible via les sites in- ternet de la COPA et Aviateurs Québec. Bien qu’un peu isolé, le site est enchanteur. C’est une excellente destination de mini- voyage pour qui veut sortir des sentiers battus ; ou encore une excellente escale d’une journée si vous faites le fameux « tour de la Gaspésie ». Autrefois propriété municipale, la piste appartient aujourd’hui à un citoyen local, et ce dernier entend bien assurer la péren- nité de l’aéroport. Une nouvelle station météorologique a même été bâtie sur le site de l’ancienne aérogare, aujourd’hui disparue. Qui sait ce que l’avenir réserve ? Bref, malgré les aléas de l’économie locale au f il des décennies,
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