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MAGAZINE AIR V37N5 53 La crise est loin d’être terminée Chronique d’André Allard Alors que nous nous dirigeons vers une rentrée scolaire à peu près normale, les compagnies du premier niveau rajoutent des vols internationaux, en particulier vers les destinations soleil. Pour le grand public, le pire de la crise est passé et tous se tournent maintenant vers le futur. Mais la crise que vit le trans- port aérien régional est loin d’être terminée, bien au contraire. Au cours des dernières semaines, députés et ministres libé- raux fédéraux ont distribué des sommes considérables ici et là a f in de préparer l’élection qui s’en vient. Les aéroports ré- gionaux sont parmi les gagnants de cette opération de saupou- drage. La valse des millions a con f irmé encore une fois la suprématie du béton sur l’aluminium quand il s’agit de soute- nir le transport aérien. Remarquez que ce n’est pas une mauvaise chose que l’on en- tretienne et améliore nos infrastructures aéroportuaires. Mais ma crainte est de voir les élus municipaux réduire la pression, car eux, ils ont obtenu ce qu’ils demandaient pour leur équi- pement. Pendant ce temps, les transporteurs continuent de ramer : à ma connaissance, Nav Canada n’a toujours pas réduit ses tarifs au niveau d’avant la crise. Les augmentations stra- tosphériques des frais d’atterrissage imposés par ADM aux écoles de pilotage ne sont toujours pas retirées. Québec n’a toujours pas déposé son plan pour le transport aérien régio- nal. Mais en plus de ces problèmes, une autre crise se pointe à l’ho- rizon : un des rares bons côtés de la pandémie aura été qu’elle a enrayé la pénurie de main-d’œuvre. Mais avec les transpor- teurs de premier niveau qui remontent la pente, les pilotes vont suivre. De plus, la pandémie a eu pour effet de faire bais- ser les inscriptions à l’ÉNA qui sont maintenant à un creux his- torique. Avant la pandémie, les campagnes de publicité et les efforts de recrutement avaient donné des résultats positifs que la COVID-19 a effacés. Au cours des 24 prochains mois, les in- dustries manufacturières du secteur aérospatial vont recom- mencer à embaucher elles aussi. Les conditions d’emplois offertes par les fabricants sont nettement plus compétitives que celles des transporteurs, en particulier pour les techni- ciens d’entretien. L’AQTA s’est jointe à un groupe qui demande la création d’un comité sectoriel de la main-d’œuvre pour le secteur aérien. La création de ce comité permettrait d’identi- f ier les problèmes et de trouver des solutions. Je crains également de voir le transport aérien être complète- ment ignoré lors de la campagne électorale fédérale et de tom- ber dans l’oubli. Les intervenants du transport aérien doivent se regrouper maintenant plus que jamais a f in de faire face aux dé f is à venir.

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