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MAGAZINE AIR V37N1 52 La perte de conscience situationnelle de Marc Garneau L’Association canadienne de protection médicale dé f init la perte de conscience situationnelle de la manière suivante : « La conscie ce situatio nelle est une habileté cognitive où l'on est conscient de ce qui se passe autour de soi, en con f irmant continuellement ses perceptions à la réalité et aux données ap parentées qui s'échangent. Cette habileté comprend la capacité de prédire les répercussions immédiates et futures de vos pro pres gestes ou de ceux de votre équipe, dont anticiper les com plications. » En aviation, la perte de conscience situationnelle par les mem- bres d’un équipage de vol est un phénomène bien connu. Plu- sieurs rapports d’enquête ont démontré que des pilotes tout à fait compétents pouvaient perdre conscience de la situation dangereuse dans laquelle ils se retrouvent. Tout indique que le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, est en perte de conscience situationnelle. Une réponse mal adaptée Au début de la pandémie, le gouvernement canadien a réagi promptement à la crise économique. Il a adopté des mesures importantes comme la SSUC et la PCU qui ont permis à des millions de Canadiens de toucher un revenu de remplacement. Toutes les mesures adoptées étaient adressées à l’ensemble des citoyens et des différents secteurs de l’économie sans cible spéci f ique. Grâce aux différentes mesures adoptées, la plupart des sec- teurs d’activités de l’économie canadienne ont repris du poil de la bête. Mais certains secteurs continuent de souffrir terri- blement à cause de la pandémie; l’énoncé économique du 30 novembre dernier de la ministre des Finances, Chrystia Free- land, mentionne que le transport aérien n’a recouvré que 29 % de son chiffre d’affaires d’avant la pandémie. Selon ce même énoncé, c’est le transport aérien qui est le secteur de l’économie qui est le plus durement touché par la pandémie. Pourtant, au lendemain de la présentation de l’énoncé, tous les intervenants de l’industrie cherchaient encore où se trouve la réponse du gouvernement pour venir en aide au transport aérien. Le pilote qui vole à vue À titre de ministre des Transports du Canada, Marc Garneau a la responsabilité d’identi f ier les solutions a f in de permettre à l’industrie de passer à travers cette crise sans précédent. Une méthode simple pour trouver des solutions est de rencontrer les différents intervenants de l’industrie a f in de comprendre leurs besoins. Or, dans les jours qui ont suivi l’énoncé écono- mique, j’ai appris avec stupéfaction que le ministre n’avait tou- jours pas rencontré le président de l’ATAC, John McKenna. En fait, le ministre des Transports, qui cherche à mettre au point des solutions pour l’industrie du transport aérien, ne parle à aucune des associations de cette même industrie. Il ne consulte que la direction d’Air Canada et de WestJet, et c’est tout. Remarquez que les deux compagnies aériennes ont tout à fait raison de répondre aux questions du ministre des Trans- ports. Mais à l’évidence, lorsqu’Air Canada fait ses représenta- tions, elle parle pour elle-même. Si les transporteurs régionaux ne sont pas représentés auprès du ministre, c’est parce que ce dernier a décidé qu’il ne veut pas les entendre. Tel un pilote qui choisit d’ignorer certains instruments de son tableau de bord, Marc Garneau a décidé que les transporteurs aériens régionaux ne lui apporteraient pas d’information utile. Inconscient du danger qui guette l’in- dustrie, le ministre continue de peau f iner un plan d’aide pour Air Canada et WestJet qui ne sera pas prêt avant le mois d’avril ou mai. Se f ier uniquement à Air Canada et WestJet revient à se f ier à un seul instrument pour naviguer dans la tempête. L’industrie canadienne du transport aérien est sur une trajectoire descen- dante et l’alarme résonne dans le poste de pilotage : « Terrain! Terrain! » Mais le ministre l’ignore : il a complètement perdu conscience de la situation. Chronique d’André Allard
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