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• Volume 34 Numéro 6 48 L orsque j’ai accepté de re- lever le dé f i de prendre en charge COPA il y a quelques mois, notre industrie, notre pays et le monde entier vivaient une situation exceptionnelle. La pandémie avait tout changé. Malgré cela, j’étais pleine d’en- thousiasme. Je suis une mordue de l’aviation et, depuis plus de 20 ans, j’ai saisi toutes les occasions qui se sont présentées pour participer à divers aspects de l’industrie. Et là, on me donne la chance de vraiment avoir un impact au Canada entier à un moment décisif. Depuis mon arrivée, j’en ai appris beaucoup sur les enjeux uniques auxquels nos membres font face. J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs d’entre eux virtuellement. Mais comme les regroupements se font rares, il est un peu plus dif f icile d’apprendre à se connaître de façon personnelle. Donc, je pro f ite de ce numéro pour vous parler de mon che- minement, ce qui m’a menée ici et ma vision pour COPA et ses membres. Mes péripéties dans le monde de l’aviation ont débuté avec un vol en Cessna 150 pris un jour par curiosité. C’était le coup de foudre! Nous vivons tous des moments qui affectent notre tra- jectoire et c’en était un pour moi. À l’époque, je terminais un baccalauréat en biochimie et je me préparais pour la pro- chaine étape de ma carrière universitaire. Maintenant, j’étais certaine que je voulais devenir pilote et, sans tarder, je me suis inscrite à un programme de pilote professionnel à temps plein. Je n'ai jamais regardé en arrière (cause de manque de rétro- viseur, peut-être). Ma carrière en tant que pilote s’est déclenchée lorsque j’ai ac- cepté mon premier poste à Parry Sound, en Ontario, sur un Cessna 180 sur f lotteurs. Trois mois plus tard, je me retrouvais au contrôle d’un Beaver sur f lotteurs. Je me souviens de tous ces matins en compagnie de huards. Nous étions les premiers à toucher l’eau vitreuse. Cette tranquillité me restera dans l’es- prit pour toujours. Pendant deux ans, j’ai vécu des expériences inoubliables dans la nature sauvage canadienne. L’aventure s’est poursuivie en Cessna 404 et en Cessna 208B. Pendant plus de quatre ans, j’ai eu la chance de travailler au Nunavut, en Afrique et en Amérique du Sud en tant que pilote de surveillance aérienne. Ces voyages mon permis de survoler des troupeaux de rennes dans la toundra canadienne. J’ai ha- bité dans le désert du Kalahari, vécu avec des peuples africains dont je ne connaissais rien et je voyais au jour le jour des gi- rafes, des zèbres et des gnous. Les insectes étaient gigan- tesques et les grenouilles étaient minuscules! J’ai nagé dans les sources chaudes des Andes. Un matin à la plage dans une vallée au Chili et l’après-midi en ski à une altitude de 10000 pieds! J’ai appris à parler l’espagnol en présence d’étrangers que je considère comme des amis à ce jour. J’ai tra- versé l’océan en quittant la Mauritanie, vers l’Espagne, ensuite l’Écosse suivie de l’Islande et du Groenland pour arriver sur terre ferme à Goose Bay. Chaque destination me rappelle un souvenir qui me laisse le sourire aux lèvres. Mon dernier vol comme pilote professionnelle fut pour la com- pagnie Tigre Géant avec mon bébé de 10 mois. Étant mère seule, je voulais passer plus de temps avec mon enfant. Par contre, je savais bien que je voulais rester dans le domaine de l’aviation. Donc, j’ai décidé de poursuivre mon cheminement de l’autre côté du micro, en tant que contrôleur aérien. Je dois avouer que c’était tout un dé f i. Cinq mois d’études ar- dues, suivies d’une formation en cours d’emploi pendant un an, pour ensuite obtenir ma licence de contrôleur. Mais quelle récompense! Pendant dix ans, si vous vous retrouviez dans l’espace aérien d’Ottawa, vous m’avez sûrement entendue dire : « Charlie Golf Alpha Bravo Charlie, tour d’Ottawa, après le dé- collage, virez à droite direct Bells Corners, pas plus haut que mille cinq cents pieds, autorisé à décoller piste 22 ». Avec l’arrivée des nouvelles technologies, l’amélioration de la sécurité aérienne et le fonctionnement de l’espace aérien étaient des grandes priorités. Comme je suis continuellement à la recherche de nouveaux dé f is, je voulais faire partie de ces changements. C’est pour cela que j’ai décidé d’échanger ma vue de l’aéroport d’Ottawa pour un cubicule au centre-ville et poursuivre un poste en gestion de niveau de service pour NAV CANADA. C’est dans ce poste que j’ai eu la chance de collaborer réguliè- rement avec COPA sur diverses initiatives. Ce qui m’a toujours impressionnée durant ces rencontres est la passion que je voyais. C’est une passion que je reconnaissais fort bien. Donc, lorsqu’on m’a demandé de venir à COPA, cette passion m’est revenue. Voilà la route vers COPA. Je suis tellement contente de vivre cette nouvelle étape avec vous et de pouvoir partager ma vision de continuer à rehaus- ser notre réputation en ampli f iant notre visibilité tout en fa- vorisant l’inclusion ainsi qu’un accent renouvelé sur la sécurité des vols en aviation générale. Et avec cela, l’aventure n’est pas terminée! Q La route vers COPA Christine Gervais Présidente et chef de la direction de COPA Association canadienne des propriétaires et pilotes d’aéronefs
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