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• Volume 34 Numéro 6 34 C’est d’ailleurs ce qui marque le parcours de Marcel. Plus jeune en tout : un des plus jeunes à avoir intégré le programme de CQFA à 16 ans, plus jeune commandant, à 45 ans, de B767 à Air Canada, plus jeune pilote-véri f icateur sur A330. 1996 sonne la f in de son service militaire. Marcel joint Air Nova sur le Dash-8 pour une période de 6 mois et fait ensuite le saut chez Air Canada. Pendant sept ans, il sera premier of- f icier, passant du DC-9 à l’A320 et à l’Embraer. Encore là, l’en- traînement le rattrape, puisqu’il devient Training captain avant de passer à gauche sur le A320 et le A330. Il chemine comme instructeur, puis comme pilote-véri f icateur. À l’heure actuelle, il compte à son carnet de route 19 000 heures de vol, dont 300 heures sur pistons! Du petit gars qui fabriquait des simulateurs de vol en bois dans son cabanon, à check pilot sur A330 et mentor AQP (Advanced Quali f ication Program), il en a fait du chemin! Ce qui le rend particulièrement f ier, c’est ce qu’il redonne à la communauté. Depuis un bon moment déjà il offre des conférences dans les écoles et collèges. Il n’hésite pas à prodiguer des conseils et offrir du mentorat aux jeunes pilotes. Particulièrement touché par les nombreux accidents des deux dernières années, il se demandait comment faire plus. Comme il est papa de trois garçons qui souhaitent deve- nir pilote à leur tour, il entreprend donc sa formation d’ins- tructeur de vol classe 4. Qu’il complètera en plein COVID ... tout en pilotant des voyages cargo pour Air Canada partout dans le monde! Marcel, c’est l’instructeur de rêve qu’on visualise quand on veut entreprendre notre formation de pilote : un super pilote, avec beaucoup d’expériences et de vécus, une magni f ique per- sonnalité et qui revient partager le tout à la jeunesse. Évidemment, il veut faire différent a f in d’offrir plus de sécurité aérienne au travers la formation. Comme il a été formé par un programme public et ensuite militaire, il est très surpris de constater combien il y a à faire dans l’industrie privée de l’avia- tion au Québec. Il comprend que l’entreprise doit être renta- ble, mais il faut trouver un meilleur équilibre avec la sécurité aérienne. « Il faut éviter de tourner les coins ronds. Nos étu- diants doivent comprendre ce qu’ils font. C’est la meilleure manière de développer leur situation awareness et éviter des accidents. Quand je vois quelqu’un qui lit une check-list sans la comprendre, je reprends depuis le début. À quoi ça sert le brie f ing pré-décollage? Pourquoi as-tu besoin de t’assurer que ta manette des gaz est vissée? Pourquoi tires-tu sur le ré- chauffe carburateur? » Il veut amener les pilotes en devenir un peu plus loin. Même s’il a gradué depuis peu comme instructeur civil, Marcel reçoit déjà beaucoup d’éloges. Les gens voient la différence dans son approche et l’apprécient. En parlant de la différence d’entraînement, nous lui avons posé la question sur quelle dif- férence voit-il entre sa carrière militaire, de pilote de ligne et de l’aviation générale. Il dit en rigolant : « J’aime les challenges. Reprendre un avion à 5 pieds du sol, j’adore ça! » Oui, Marcel est un pilote émérite, mais il est également un mentor. Redonner à la communauté est important pour lui. Il dit avoir eu la chance d’avoir des mentors tout au long de son parcours et il veut maintenant rendre la pareille. « Il ne faut pas être gêné de demander conseil. » Quand il donne ses conférences, il le dit : « Si je suis venu ici, c’est parce que j’ai le goût d’échanger avec vous. Ne soyez donc pas gêné à la f in de la conférence et venez me jaser ou me poser vos questions. » Il y a 3 messages qu’il souhaite livrer aux jeunes : 1) Visez le plus haut possible. Ne vous contentez pas de 70%, visez 100%. Soyez le meilleur possible. 2) Soyez persévérant. Ne refusez pas d’offres, saisissez l’occasion. Oui la job à Sioux Lake est loin, mais c’est un dé f i qui se présente sur ta route, prends-le. 3) Ne vous mettez pas de limites. N’ayez pas peur des dé f is, d’affronter l’inconnu, de prendre des risques. Il a en souvenir ce jeune qui voulait travailler pour Air Canada mais qui lui a dit : « Mais moi, je ne veux pas aller à Toronto ». Et parfois, il rajoute un conseil supplémentaire : « Soyez ouvert à l’information des autres. Si quelqu’un prend la peine de vous prodiguer un conseil, ce n’est pas pour vous nuire! Vous êtes
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