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• Volume 34 Numéro 6 30 C’était une belle matinée ensoleillée, à l’été 1980. J’étais ins- tructeur de vol dans une école de pilotage satellite située à quelques minutes de vol de l’installation principale. Un tout nouveau Cessna 182 avait été laissé à notre école satellite et devait être ramené à l’école principale. Un de nos étudiants au niveau professionnel, qui, comme nous tous à un moment ou à un autre, cherchait toujours des heures de vol gratuites, s’est porté volontaire pour ramener l’avion à son domicile. Par chance, un autre avion devait être ramené à notre base. Nous avions convenu la nuit précédente que je l’accompagnerais et que nous passerions un peu plus de temps en vol pour lui don- ner une véri f ication partielle sur le C-182. C’était un vol très matinal. En sortant du bâtiment de l’école, nous approchions l’avion par l’arrière. Il a suggéré que nous devrions partager ou diviser l'inspection, c’est-à-dire que nous ferions chacun notre côté de l’avion, en commençant par la queue et en nous rencontrant à l’hélice. Pas très conventionnel pour une inspection, mais voilà bien l’une de ces bonnes idées pour gagner du temps. Idées qui viennent par une belle mati- née ensoleillée, sur un aéroport, en particulier quand on n’est pas pressé. Les deux moitiés de l'inspection achevées, nous avons grimpé dans le cockpit, démarré le moteur et constaté que nous avions besoin de carburant. Ouais! Nous avons donc circulé jusqu’à la pompe à carburant. En sortant de l’avion à la pompe, nous ne pouvions pas nous empêcher de remarquer l’activité du programme de planeur des Cadets de l’Air de l'au- tre côté du terrain. Ils se préparaient pour leurs activités de la journée et ils étaient assez exubérants ce matin-là, avec un rire profond venant jusqu’à nous. Le ravitaillement terminé, nous avons dû retourner dans notre bâtiment pour une raison maintenant oubliée (probablement un café, ou quelque chose de très important pour un pilote pour son premier vol du matin). En revenant à l’avion, nous nous approchions par l’avant cette fois. J’oublie maintenant qui de nous deux a fait la constatation le premier, mais les bou- chons en mousse étaient toujours en place dans les entrées d’air du capot. Nous avons facilement compris le rire moqueur provenant du site des Cadets de l’Air. Eh bien, nous avions convenu de nous rencontrer à l’hélice, et c'est bien ce que nous avons fait, mais nous n’avions pas marché devant, et, par conséquent, nous n’avions pas vu ces bouchons de capot, et nous y avions encore moins pensé. Je me demande encore à quelle hauteur au-dessus du sol nous aurions pu arriver avant que ce nouveau moteur ne s'arrête tout simplement, avec des conséquences indésirables. Mais je suis prêt à parier que ce serait dans des nombres très faibles, voire même pas du tout. Nous avons partagé un regard de consternation, puis il a fait une inspection appropriée pendant que je restais à l’écart. Cet incident a été une puissante leçon de discipline que nous n’avons jamais oubliée. Mon pilote de ce matin-là est devenu un instructeur, et très habile dans ce domaine, a obtenu son ATP L, et continue de mener une belle carrière de pilote. Et j’ai continué ma propre carrière. Cet incident est souvent revenu dans mes pensées au f il des ans, en pensant à la chance que nous avons eue en f in de compte, que ce soit pour avoir besoin de carburant, d’un café ou d’autre chose. Inutile de dire que ce fut notre seule et unique inspection non conventionnelle à ce jour et une illustration impressionnante de ce que peut entraî- ner un innocent manque de discipline. L’inspection PRÉ-VOL Une approche disciplinée est requise Écrit par Jean-Claude Audet, COPA

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